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Il aide les forêts de demain à s’élever

Après plantation, les futures forêts demandent un entretien régulier durant les premières années de croissance. MC Sylviculture intervient pour prendre soin de ces arbres afin que chaque sujet puisse pousser le plus régulièrement possible.

Une fois n’est pas coutume, c’est une histoire qui commence par la fin. Après plusieurs années de pousse, les arbres de la forêt du jour ont été coupés. Mais cette fin marque aussi un renouveau. Cédric Marchand, au beau milieu d’une parcelle de bois récemment récoltée, plante les prochains résineux qui viendront renouveler les arbres abattus. À la tête d’une entreprise de travaux forestiers à Botsorhel (29), le Finistérien apporte son service aux sylviculteurs aussi bien pour les plantations que pour l’entretien de ces espaces boisés.

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Le dégagement libère de l’espace, mais doit garder de la broussaille qui a un rôle protecteur contre le gibier et le vent.

Habiller les racines pour l’hiver

Différentes essences de bois passent entre les mains du planteur, avec des feuillus composés de chênes, de merisiers ou de hêtres qui serviront à la production de bois d’œuvre. Mais la grande majorité des chantiers (les 3/4) est constituée d’épicéas de Sitka. En provenance de la Creuse, ces jeunes plants sont préparés par Cédric Marchand avant de finir en terre. « Il faut habiller les racines, ce qui consiste à les tailler pour qu’elles ne forment pas de chicot dans le sol ». Vient ensuite un long travail manuel, car la plantation ne peut être mécanisée dans des parcelles fraîchement abattues. À l’aide d’une pelle bêche, le plant est positionné dans un fond de sol sec, où l’humus est retiré pour éviter les poches d’air. Un léger buttage termine la plantation en évitant les excès d’eau. L’ancrage de chaque arbuste est vérifié en tirant sur la pointe du jeune végétal. Si les conditions météorologiques de cet hiver ne ressemblent pas à la saison dernière, certains chantiers ont dû être décalés du fait des fortes pluies de décembre.

600 arbres par jour

À la suite d’une formation en gestion forestière et d’une expérience en pépinière, Cédric Marchand a « appris sur le tas ». Ce qui lui plaît dans ce métier, « c’est le travail physique, d’être au grand air dans un endroit calme. J’aime me défouler au travail ». Et mieux vaut garder une bonne condition physique pour une journée classique, où quelque 600 arbres seront plantés… En moyenne sur une année, l’entrepreneur effectue une distance de 3 km par jour en sillonnant des forêts à différents stades. « La majorité du temps, je plante ces arbres pour les générations futures. Ce sont les petits enfants qui en profiteront ».

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Un élagage de pénétration donne accès aux chasseurs à la parcelle.

Un bon dégagement

La plantation s’effectue pendant 6 mois de l’année, au moment du repos végétatif des arbres. Le reste de l’année est consacré au dégagement, pour débroussailler l’environnement proche des plantations. Ce 1er dégagement est réalisé un an après la plantation : l’épicéa de Sitka « va se défendre contre la compétition en place. Trois à quatre dégagements sont nécessaires pour que les petits arbres prennent enfin le dessus ». La densité de plantation peut aussi jouer sur cette concurrence entre végétaux, car « plus les arbres sont serrés, moins il y aura de dégagement à faire ». Cette densité est choisie par le propriétaire et se situe entre
1 100 et 1 600 sujets par hectare.
Mais ce dégagement ne doit en aucun cas faire table rase sur la parcelle .« Il faut garder certains ajoncs qui protégeront au final les plants. Cette broussaille protège aussi des attaques de gibier qui grignote les jeunes pousses de douglas. L’abroutissement se manifeste par des pertes d’épines quand les chevreuils font leurs bois ». Les plants de résineux sont aussi préservés de ces agressions par un répulsif naturel à base de graisse de mouton.
Comme l’épicéa de Sitka ne possède qu’un système racinaire horizontal, il sera sensible à des clairières dans la parcelle. « Peu ancré au sol, il peut alors tomber comme des mikados en cas de tempête ». Un regarni vient aider la plantation à retrouver ses sujets, avec des plants de 80 à 100 cm remis en terre pour essayer de rattraper le retard.

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Le bouleau peut se propager rapidement et concurrence les autres arbres.

Du boulot avec le bouleau

Une fois ces opérations de nettoyage effectuées, la parcelle est prête à continuer sa pousse. Cette croissance peut cependant être contrariée par la présence d’autres espèces. « Chaque région a son essence invasive. Ici, c’est le bouleau, qui encercle les plantations, les Sitka perdent leurs épines. Les bouleaux poussent très vite, concurrencent en lumière et en éléments nutritifs les autres arbres ». Un long travail à la tronçonneuse est exécuté pour abattre ces troncs indésirables. Pour autant et si aucun plant n’a réussi à se développer à proximité d’un bouleau, Cédric Marchand préfère laisser les plus gros éléments pour ne pas créer de trou dans la future forêt. « C’est aussi une question de biodiversité », conclut-il.

Contact : MC Sylviculture, 4 rue du Ponthou à Botsorhel(29). 06 78 22 18 48, c.marchand147@gmail.com

De la plantation à l’entretien
Cédric Marchand réalise tous les travaux de plantation et d’entretien des parcelles sylvicoles. En plus de ces activités, il propose des élagages de pénétration pour donner un accès aux chasseurs avec des tailles de branche jusqu’à la 6e couronne des arbres. Sur douglas, cet élagage sert également à supprimer les nœuds dans les futures planches. Des tailles de formation sont enfin proposées afin de donner aux arbres un fût bien droit.
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