Côtes d'ArmorPolitique et Syndicalisme

Les agriculteurs vivent dans l’urgence de trouver des prix rémunérateurs

Alors que les négociations commerciales démarrent entre grande distribution et partenaires de l’amont, les syndicalistes ont interpellé le préfet et les parlementaires sur la situation très dégradée des filières agricoles.  

Fin novembre, sous forme de visioconférence, les responsables de la FDSEA et de Jeunes Agriculteurs des Côtes d’Armor ont échangé avec les parlementaires, puis avec le préfet, pour évoquer la conjoncture économique actuelle. Du côté des élus, ont participé les députés Bruno Joncour (1re circonscription), Hervé Berville (2e  circonscription), Marc Le Fur (3e circonscription), Yannick Kerlogot (4e circonscription), Éric Bothorel (5e circonscription) et la sénatrice Annie le Houérou (le sénateur Alain Cadec étant excusé). En introduction, Fabienne Garel, présidente de la FDSEA, a rappelé la place de l’agriculture sur le territoire :  « Les Côtes d’Armor comptent 7 700 exploitations qui représentent 20 200 actifs dont 10 600 chefs d’exploitation. Son agriculture concerne ainsi 8 % de la population active et une surface agricole qui couvre 60 % du territoire. Première filière économique, l’agriculture et l’industrie agroalimentaire représentent 28 % du chiffre d’affaires des entreprises du département.  »

Des agriculteurs touchés moralement

La responsable a ensuite expliqué qu’à l’heure où la pandémie de Covid-19 ravage l’économie française, les agriculteurs sont également gravement touchés. « Émissions à charge, trésorerie asséchée, difficulté à payer les cotisations MSA suite aux reports passés… Nous avons beaucoup de retours d’adhérents qui ne se sentent pas bien, aussi bien financièrement que moralement. » Les responsables de section ont ensuite pris la parole pour détailler la situation des différentes filières costarmoricaines. D’un côté, il y a la fermeture des débouchés de la RHD qui met en péril certaines productions (veaux de boucherie, canards, petites volailles…). De l’autre, des épisodes sanitaires comme l’influenza aviaire en Pologne ou la peste porcine africaine en Allemagne qui ont fermé des portes à l’export et déstabilisé l’Europe avec de la marchandise à vil prix en abondance sur le marché intérieur. Sans oublier la hausse du cours des matières premières qui va faire monter les coûts de production. « Lait, porc, volaille, œufs, veaux de boucherie, lapins… Tout l’élevage est en souffrance », résume Philippe Cherdel, secrétaire général de la FDSEA. Et en productions végétales, certains créneaux (légumes anciens, horticulture…) sont aussi dans la panade.

L’urgence de faire appliquer la loi Égalim

Selon les syndicalistes, l’heure est grave alors que nous entrons dans la période des négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs de l’agroalimentaire. « Alors que le pouvoir d’achat des Français est dégradé, les GMS veulent faire pression sur l’amont pour obtenir des prix à la baisse. » S’adressant à la fois aux élus et à l’Administration, Jérémy Labbé, président de Jeunes Agriculteurs, a insisté sur l’absolue nécessité de faire appliquer la loi Égalim « votée il y a déjà deux ans » pour éviter qu’en bout de chaîne, « ce soit encore les agriculteurs qui servent de variable d’ajustement ». Au contraire, pour le responsable, il est urgent que les indicateurs de coûts de production officiels soient enfin pris en compte dans les négociations, comme la loi le prévoit, pour obtenir un véritable retour de la valeur aux agriculteurs actuellement sans revenu. « C’est un enjeu crucial pour la continuité de nos exploitations et le renouvellement des générations. »

Quelques doutes sur le Plan de relance
Si le préfet Thierry Mosimann s’est engagé à remonter l’ensemble des informations au ministère de l’Agriculture, les syndicalistes semblaient regretter un certain « manque d’engagement » du côté des parlementaires. « On nous renvoie sans cesse au Plan de relance du Gouvernement comme une opportunité pour soutenir des investissements permettant de gagner en compétitivité. Mais comment, dans un contexte aussi tendu, les agriculteurs pourront-ils être en mesure de financer la majeure partie de la somme non couverte par la subvention ? », interroge Fabienne Garel en attendant les détails du dispositif pour évaluer dans quelle mesure les exploitations pourront en profiter.

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