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Allier pâturage d’hiver et repos des prairies

Temps restreint au paddock, respect du stade des plantes… Sous conditions, le pâturage de précision peut se poursuivre en hiver.

Repos hivernal des prairies ne veut pas forcément dire arrêt du pâturage. À la mauvaise saison, comme les sols sont davantage gorgés d’eau et donc plus sensibles à la compaction, l’approche doit simplement être très rigoureuse pour ne pas dégrader la prairie et pénaliser le début de la saison suivante. Une infrastructure herbagère bien organisée et bien équipée facilite grandement cette gestion hivernale : chemins stabilisés, entrées et sorties à chaque paddock, réseau d’eau qui suit le troupeau et ne nécessite pas des allers-retours incessants des animaux vers le point d’eau, haies coupe-vent…

Temps de retour adapté à la pousse saisonnière

La dynamique de pousse de l’herbe varie au fil des saisons et des conditions climatiques. En hiver, elle se situe entre 0 à 20 kg de MS / ha par jour en fonction de la zone géographique, de la fertilité du sol, de la fertilisation appliquée (fumier, compost…), de la flore…
En pâturage hivernal, malgré les conditions, il est recommandé de maintenir un fort chargement instantané mais sur un temps court (12 ou 24 heures pour limiter le piétinement). Le point essentiel est de ne pas surpâturer afin de ne pas affaiblir la capacité de la plante à faire ses réserves énergétiques. On tâchera à laisser un couvert de 1 600 à 1 700 kg de MS / ha au dernier passage. Ainsi, pour une pousse de 15 kg de MS / jour, une petite centaine de jours de repos permettront d’atteindre l’objectif optimal de 3 000 à 3 500 kg de MS / ha pour revenir au pâturage. Ce temps de retour est grandement influencé par l’activité biologique du sol et sa capacité à digérer les fèces de l’année.

Par conséquent, un éleveur qui a la possibilité d’allonger la rotation à 80-100 jours sur son exploitation, grâce à une bonne accessibilité, un avancement ralenti (division des paddocks au fil) ou un autre site en prairies (par exemple réservé aux taries et génisses à la belle saison) entrant dans la boucle, peut maintenir une part de pâturage non négligeable voire envisager le tout herbe en hiver, à condition d’avoir anticipé les stocks sur pied dès l’automne.

Avant le déprimage, observer les bouses

Ensuite, après ce repos, à l’heure de reprendre le pâturage, l’observation simple de l’état de dégradation des bouses est conseillée. Sont-elles totalement digérées, enfouies par les insectes coprophages ? Si oui, l’herbe ne présentera plus d’amertume en faveur d’un meilleur déprimage. Au contraire, des bouses encore très peu dégradées entraîneront un moins bon déprimage limitant le tallage des graminées et le développement du trèfle… Ce problème renvoie à une mauvaise vie biologique du sol (manque de diversité microbienne), un temps de retour trop court, une ration des vaches qui n’attirent pas les auxiliaires (souvent acidogène)…

Laisser les auxiliaires « digérer la saison »
Outre l’effet bénéfique sur la régénération de la flore, le repos des parcelles offre au sol le temps de digérer les restitutions de l’année. On parle de près de 9 000 bouses et plus de 8 000 pissats / ha pour 10 t de MS / ha valorisées sous forme de pâturage. Un travail énorme pour les êtres vivants qui interviennent dans la dégradation des bouses principalement : bousiers, vers de terre, bactéries, nématodes, champignons… La diversité microbienne facilitant la rapidité de dégradation et le stockage dans le sol pour la saison suivante.

Florent Cotten / PâtureSens

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