Edito

Manger

Juliette Gréco qui vient de nous quitter racontait que, pendant la guerre, elle mangeait « une chose extraordinaire comme du caviar ». Cette chose extraordinaire était le « tout petit peu de viande » que son hébergeuse, Madame Morin, se faisait une joie de cuisiner pour ses hôtes. À la fin du repas Juliette Gréco chantait. C’était la fête.

Changement d’époque… Le 1er novembre, cela fera un an que la loi Égalim impose d’offrir un repas végétarien par semaine dans les cantines scolaires. Selon un rapport de Greenpeace, publié le 21 septembre, 71 % des enfants ont droit chaque semaine à un menu végétarien. En décortiquant un peu plus les chiffres, il s’avère que les plats végétaliens non transformés ne représentent que 35 % de l’offre alimentaire. À tel point que le gouvernement a été contraint de publier en juillet un guide de recommandation qui préconise, entre autres, de limiter les produits ultra-transformés. C’est en effet regrettable que les enfants privés de steak haché de bœuf soient contraints de manger du « steak » végétal avec additifs…

Par ailleurs, certaines collectivités traînent les pieds pour appliquer la loi – sans doute avec raison – arguant que des élèves ne mangent déjà pas de viande à la maison pour des raisons financières. Cette restriction alimentaire dépasse d’ailleurs largement le périmètre scolaire puisque, « 40 % des Français se restreignent sur la qualité de leur alimentation pour des raisons financières », alerte le dernier baromètre annuel du Secours Populaire, paru le 30 septembre. Et « 19 % des parents éprouvent des difficultés pour payer la cantine scolaire ». La Bretagne, terre de l’agroalimentaire n’y échappe pas. Cet automne, le Secours Populaire de Saint-Brieuc reçoit deux fois plus de monde qu’avant le confinement.

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