Élevage

Deux années difficiles suite au décès de son compagnon

Le décès subit de son compagnon a mis à mal l’équilibre de l’exploitation sur laquelle Fabienne Daniel est éleveuse laitière. Elle témoignera de cette expérience difficile lors de la journée « Agriculture au féminin ».

Quand son compagnon Emmanuel est décédé subitement, Fabienne Daniel a rencontré de nombreuses difficultés pour rester agricultrice sur son site d’exploitation. Des embûches auxquelles elle n’était pas préparée. « Je m’étais installée en 1993 dans l’ouest du département. Quand j’ai rencontré Emmanuel, je l’ai rejoint sur l’exploitation familiale avec mes moyens de production, en 2008. Nous avons réalisé ensemble plusieurs investissements importants notamment une mise aux normes et un bâtiment avec une salle de traite 2 x 12 en sortie rapide, mis en service en 2011 », retrace l’agricultrice installée à Sainte-Anne-sur-Vilaine avec une production laitière de 700 000 L sur une SAU de 185 ha.

Comme une sortie de Gaec

« Il est mort d’un arrêt cardiaque en 2017 à 47 ans. J’avais alors 46 ans et notre fille avait 8 ans. Il m’a fallu deux ans pour clore les démarches administratives et successorales et retrouver une situation plus sereine. » Ce décès est considéré comme une sortie de Gaec. « Nous n’étions ni pacsés, ni mariés, n’avions fait aucun testament. Nous étions considérés comme des inconnus vis-à-vis de la loi. Il m’a donc fallu verser à ma fille mineure le capital d’exploitation et les parts sociales de son père. Sa partie d’emprunt a été remboursée mais des impôts et cotisations MSA très importants ont dû être versés sur ce remboursement exceptionnel. J’ai dû réemprunter… »

Perte de surfaces

Par ailleurs, l’agricultrice a perdu 5,5 ha de SAU. « Je n’étais pas prioritaire car le bail était au nom de mon compagnon. » La maison d’habitation à proximité de la stabulation qui appartenait à son ami est revenue à sa fille dont Fabienne Daniel a la tutelle. Des assurances avaient cependant été contractées par le couple. « L’assurance ‘risque fiscal’, pas simple à obtenir, m’a aidée à solder les charges exceptionnelles. Nous avions aussi souscrit une assurance ‘rente éducative’ qui m’aide à élever ma fille. »

Outre les difficultés financières, la problématique du travail s’est tout de suite imposée. « J’ai fait appel au service de remplacement dans un premier temps, mais cela ne résolvait pas tout. Il m’a fallu me réorganiser rapidement. J’ai pris les responsabilités d’Emmanuel pour les cultures et l’alimentation des vaches et j’ai embauché une ancienne stagiaire que j’avais formée par le passé sur la partie élevage. Par la suite, un autre salarié l’a remplacée en avril 2019 : Aurélien qui est toujours sur l’exploitation. »

Prendre en compte les risques

Seule sur sa ferme pendant 11 ans avant de rencontrer son compagnon, Fabienne Daniel avait heureusement acquis de la polyvalence en élevage laitier. « J’ai toujours voulu être agricultrice. J’avais fait un BTA pour le devenir », confie-t-elle, heureuse d’avoir pu maintenir en place sa structure d’exploitation. « Je ne commence à faire réellement mon deuil que maintenant. Il vaut mieux prendre en compte avant les risques, les questions de statut, d’actes notariés et d’assurances », conseille l’éleveuse. En effet, des solutions existent pour que ce type de drames n’impacte pas autant une famille et que l’entreprise soit davantage sécurisée.

Recevoir la documentation de la journée
Les inscriptions sont closes pour la journée « Ça n’arrive pas qu’aux autres » organisée le 15 octobre par le groupe « Égalité – Parité : Agriculture au féminin » d’Ille-et-Vilaine. Mais les personnes intéressées par cette thématique pourront recevoir la documentation si elles le souhaitent. Et un webinaire sur le sujet pourrait être organisé le lendemain. Contact / inscription : Isabelle Goujon : 02 23 48 28 50 / isabelle.goujon@bretagne.chambagri.fr. Formateur et coach « Accompagner le changement et l’apprentissage », Daniel Morel interviendra dans la matinée sur les modes de fonctionnement et les signaux d’alerte. L’après-midi abordera le thème « Évaluons nos situations individuelles et collectives face à l’imprévu », avec de nombreux témoignages. Des experts apporteront des conseils et préciseront les accompagnements possibles pour faire face aux accidents de la vie (divorce, décès, départ d’un associé, maladie…).

Peut vous intéresser

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer