Cultures

Les Bretons vers la fertilisation du futur

Présentant comme un Outil pour « revaloriser les lisiers  », le concepteur danois estime que le système SyreN va trouver sa place dans une région d’élevage comme la Bretagne.

L’investissement dans un système SyreN d’acidification du lisier à l’épandage ne s’adresse pas directement aux agriculteurs. Il est réservé avant tout à des prestataires de services comme les ETA. D’une part, le dispositif placé sur le relevage avant pesant 3 t à plein dont 1,8 t d’acide sulfurique réclame des tracteurs d’une certaine puissance. D’autre part, le système coûte de 72 000 à 80 000 €, comprenant le matériel (réservoir frontal recevant la cuve de produit, console de commande, tuyauterie…), l’adaptation de la tonne à lisier mais aussi une formation de 2 journées de prise en main abordant bien sûr les questions de sécurité.     

Unités d’azote récupérées dès 15 € d’acide / ha

Pour autant, Morten Toft, le concepteur, considère que l’usage de cette technologie est abordable en routine. « Par exemple, quand on cherche simplement à optimiser sa fertilisation azotée, l’apport d’1 L d’acide / m3 de lisier de bovin suffit à diminuer de 50 % les émissions d’ammoniac, soit autant d’unités potentiellement disponibles pour la culture. À raison de 30 m3 épandu / ha, le coût est de 15 € d’acide. » À l’ETA ensuite de fixer le prix de la prestation.

Dans l’autre stratégie, l’acide sulfurique utilisé comme engrais soufré est apporté à plus haute dose. « Des abaques permettent de déterminer combien de produit injecter au lisier en fonction de la culture, de la quantité de lisier à épandre, du type de sol… »

Premières observations sur colza

Biocover met d’ailleurs à disposition en ligne (sur biocover.dk) le calculateur Alfam permettant de simuler l’intérêt d’acidifier son lisier. Mais déjà, la Chambre d’agriculture de Bretagne a lancé un premier test sur le terrain comparant des bandes de colza ayant reçu un lisier acidifié ou non.

Poussé par des décisions politiques
Pour Morten Toft, le fait que le Danemark et l’Allemagne soient bien équipés en SyreN s’explique par « des décisions politiques » qui poussent à sa généralisation. « L’Allemagne a été sommée de réduire ses émissions d’ammoniac. La Basse-Saxe par exemple finance à 35 % l’achat d’un système. » Pour Philippe Cha, à la tête de Mauguin, « la réglementation existe déjà» en France qui doit aussi réduire ses émissions d’ici 2025. « SyreN est donc l’avenir et la Bretagne doit monter dans ce train de l’optimisation de l’azote ». Le dirigeant veut d’ailleurs diffuser largement le dispositif « et donc l’installer aussi sur les tonnes compatibles d’autres marques. »
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