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Gérer la pousse des parcelles de fauche

Les dactyles et les ray-grass expriment tout leur potentiel dans les parcelles de Michel Le Page, à Cast. L’éleveur a opté pour l’affouragement en vert pour simplifier l’organisation de son travail.

Michel Le Page conduit un troupeau de 55 vaches laitières sur une SAU d’une centaine d’hectares, à Cast. Autour de ses bâtiments, seulement 10 ha sont accessibles. « Ma volonté était de diminuer la part de maïs dans la ration, chose faite avec la souscription à une MAE 28/55 qui se termine », explique l’éleveur lors d’une journée de présentation de prairies multi-espèces organisée par Eureden et l’Epab. L’affouragement en vert des laitières est alors une option choisie par la structure, « grâce à une aide régionale pour acheter le matériel. Le système est simple, je travaille 35 heures par semaine », insiste l’éleveur. Les parcelles dédiées à l’apport de fourrage aux animaux sont implantées en légumineuses associées à des RGA ou RGH, mais aussi en dactyle, en fétuque des prés ou élevée.

L’éleveur finistérien apprécie cette gestion de l’herbe, car les parcelles de fauche « se situent à moins d’1 km des bâtiments. Je ne passe pas mon temps sur la route ». Les travaux des champs sont délégués au chauffeur de la Cuma locale pour dégager toujours plus de temps.

Épuiser les adventices

« Il faut accepter de jeter parfois la 1re fauche de l’année, contenant des chénopodes et des rumex. Par la suite, les parcelles sont très propres ». Cette stratégie d’épuisement des mauvaises herbes est payante, 8 fauches ont été réalisées depuis le début de l’année.

Si les RGA ont une place de choix dans les parcelles, André Yvinec, chargé de développement chez Eureden, invite à essayer les dactyles. « C’est la graminée la plus riche en protéine. Une fois que son épi est coupé, elle ne remonte pas. Sa MAT est stable dans l’année, autour de 20 % ». Les dactyles doivent être semés vers le 15 septembre car ils sont plus longs à s’installer. « Il démarre tôt en mars et pousse tout le temps, même en été ».

L’herbe est 2 fois plus gourmande que le maïs

L’agronome Jean-Luc Le Bénézic chiffre les besoins du maïs à la tonne de MS produite à 13 unités d’azote, 6 de phosphore, 17 de potasse, 10 de calcium et 2 de magnésie. « L’herbe est 2 fois plus gourmande que le maïs, notamment en azote (25 U), en potasse (30 à 35 U), en calcium (30 U) ». Pour la fertilisation organique, le spécialiste des sols conseille de réserver « le carbone à l’automne, l’azote au printemps », autrement dit, les fumiers doivent être épandus avant l’hiver pour avoir le temps de se dégrader, les amendements organiques liquides seront plus adaptés aux épandages de printemps.

Respecter le repos végétatif
L’affouragement en vert est pratiqué « dès février si les conditions météorologiques le permettent, et peut durer jusqu’en décembre », explique Michel Le Page. Jean-Luc Le Bénézic conseille de « faucher à 8 cm de hauteur pour garder des réserves. L’herbe repartira plus vite. Il convient aussi de respecter un repos végétatif de 2 mois en hiver ».
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