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Feu vert pour l’abattage à la ferme

150 éleveurs de Loire-Atlantique et Vendée ont mis au point une solution d’abattage sur le lieu de vie, en utilisant un caisson mobile qui sera ensuite emmené sur une unité fixe de mise en carcasse.

Plusieurs groupes d’agriculteurs en France réfléchissent à des solutions légales d’abattage à la ferme notamment pour permettre une fin de vie moins stressante à leurs animaux, sans transport vivant, sans l’attente qui peut parfois être très longue dans les bouveries. Certains éleveurs en circuits courts recherchent aussi des solutions pour éviter des trajets devenus très longs pour emmener leurs animaux dans un abattoir les acceptant et revenir chercher les carcasses.

Ces deux raisons ont conduit un groupe de plus de 150 éleveurs de Loire-Atlantique et du Nord Vendée à se fédérer autour d’un projet innovant (initialement porté par le réseau Fnab) permettant la mise à mort sur le lieu de vie. Y sont regroupés des élevages de toutes tailles, bio ou non, de toutes espèces (bovin allaitant, laitier, caprin, ovin, porcin). Ces éleveurs qui font partie du collectif national « Quand l’abattoir vient à la ferme » ont constitué l’association Aalvie (Abattage des animaux sur leur lieu de vie) en mai 2019.

Validé par la Direction générale de l’alimentation

« Mis au point dans un premier temps pour les bovins, le plan de maîtrise sanitaire a été validé par la DGAL (Direction générale de l’alimentation) au niveau national. Les élevages devront adhérer à l’association et être référencés par l’unité fixe avant utilisation du service. Toutes les fermes devront avoir prévu une contention avec une porte-guillotine », souligne Guylain Pageot, éleveur et président d’Aalvie. Ensuite, ils peuvent prendre rendez-vous avec le personnel de l’unité fixe qui mandate le vétérinaire de l’élevage pour l’inspection anté-mortem de l’animal. L’éleveur est informé de la date et l’heure d’abattage et peut préparer au mieux son animal.
« Deux opérateurs de l’unité fixe, un chauffeur et un abatteur, se déplacent sur l’élevage avec un caisson mobile. L’étourdissement au matador est réalisé par l’opérateur qualifié pour la mise à mort. Puis des sangles sont posées sur l’animal inconscient pour le lever avec un tracteur frontal ou un télescopique et l’amener au-dessus du caisson. La saignée est ensuite réalisée par l’opérateur d’abattage dans le caisson. Le sang est recueilli via une grille et un double-fond étanche et sera traité sur l’unité fixe », décrivent les responsables du projet.

Une solution pour les animaux accidentés

« Le caisson est un prolongement de l’abattoir. » L’animal est amené à l’unité fixe (en moins d’une heure) où il sera traité de façon classique : éviscération, habillage, pesée, classement, mise en demi-carcasses ou quartiers, puis stockage en chambre froide. La carcasse est examinée par les services vétérinaires d’État (DDPP) dans l’unité fixe. « Cet outil offre une solution pour les animaux accidentés qui ne peuvent plus être transportés et qui sont jugés consommables par les services vétérinaires », ajoute François Vrignaud, éleveur à Soullans (85). Un protocole sanitaire est en cours d’établissement pour les petits animaux.

« L’éleveur reste propriétaire de sa carcasse jusqu’à la sortie de l’unité fixe. Au départ du projet, l’abattoir de Challans prévoyait de travailler avec nous, mais il a fermé ses portes fin 2018. Aujourd’hui, nous n’avons plus de solution de proximité pour l’abattage des bovins en circuit court. C’est pourquoi nous souhaitons construire les 2 unités de mise en carcasse : à Machecoul dans un premier temps, puis à Plessé dans le Nord 44. » Chaque unité, équipée de 10 caissons, pourra traiter à terme 4 500 gros animaux et emploiera 15 à 20 personnes. Pouvant aller jusqu’à 60 km des unités fixes, les caissons de Plessé pourront servir sur le sud du Morbihan et d’Ille-et-Vilaine.

Un logo « Né, élevé et abattu à la ferme »

« Outre le bien-être animal, cette démarche a pour but de créer une filière courte d’approvisionnement en viande locale, de soutenir l’élevage sur le territoire. Nous avons créé un logo ‘Né, élevé et abattu à la ferme’pour informer les consommateurs », précisent les éleveurs. « Beaucoup de gens continuent à manger de la viande. Notre démarche peut les rassurer sur les conditions de vie des animaux », précise Ludivine Cosson, éleveuse. Selon un sondage Ifop de 2019 pour la Fondation 30 millions d’amis, « 82 % des Français se disent favorables pour un abattage sur leur lieu d’élevage par des professionnels. »

Un premier test concluant

“Le premier test d’abattage a été réalisé en février dernier sur mon exploitation, en lien avec l’abattoir de Châteaubriand et avec l’appui des services vétérinaires de la DDPP 44. Chacun des intervenants était bien préparé. Moi-même, j’avais fait passer ma vache plusieurs fois dans le matériel de contention auparavant. Elle n’a pas eu peur le jour J, les autres animaux étaient dans le box deux mètres derrière.
C’est vrai qu’avec l’abattage à la ferme, on assiste à la mise à mort des animaux, mais d’un autre côté, on maîtrise les conditions de vie jusqu’au bout. Et ça, c’est précieux pour un éleveur. En plus, cette démarche me permet de proposer de la viande de qualité à la population locale.”
Ludovic Orain, éleveur à Châteaubriant (44)

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Un commentaire

  1. Une réelle avancée, ne trouvez-vous pas?
    On en revient aux mesures en vigueur avant la loi du 8 juillet 1965 comme le montre ce décor de fumière en arrière plan de la remorque “d’abattage”!!!!

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