Élevage

Alimentation des laitières : Du vert toute l’année

Au Gaec Cabon, à Ploudalmézeau (29), l’affouragement en vert s’effectue 365 jours par an. Jean-Michel, associé du Gaec et responsable de l’atelier lait, nous livre les raisons et l’organisation mise en place pour pérenniser l’activité laitière sur l’exploitation.

À proximité du bourg de Ploudalmézeau, l’exploitation dispose de peu de surface accessible pour les 140 vaches laitières. En effet, seulement 11 ha à proximité de l’étable peuvent être pâturés sur des terres relativement séchantes au potentiel de rendement limité. C’était soit l’arrêt de la production laitière soit trouver une solution permettant d’apporter du fourrage à l’auge tout en maximisant le potentiel de rendement des prairies.

Le choix des espèces

Depuis maintenant 8 ans, les 17 ha de graminées légumineuses destinés à l’affouragement sont composés de dactyle tardif, ray-grass anglais diploïde tardif, trèfle violet, trèfle blanc géant. « Nous avons mis quelques années à trouver la bonne formule », précise Stéphane Le Fourn, technicien culture Eureden. Avec un rendement annuel de 12 à 14 t / ha, la formule donne entière satisfaction. La pousse est relativement constante, le dactyle apporte précocité, pousse rapide et bon comportement aux températures élevées.

L’éleveur effectue 7 coupes par an, de mi-mars à mi-novembre. De mi-novembre à mi-mars, l’affouragement se fait avec du colza fourrager implanté en dérobées. Les priorités de Jean-Michel partagées avec son technicien étaient bien précises mais encore fallait-il trouver la formule répondant aux critères demandés. L’éleveur voulait une bonne souplesse d’exploitation, pas d’espèces remontantes, du rendement, une qualité de fourrage équilibrée et constante, une pérennité de 3 à 4 ans. Les différentes parcelles sont ensemencées autour de l’exploitation pour éviter de passer trop de temps sur la route. 30 à 40 minutes par jour (coupe et distribution comprises) sont nécessaires pour affourager en vert les 140 vaches laitières.

30 à 40 minutes par jour (coupe et distribution comprises) sont nécessaires pour affourager en vert les 140 vaches laitières.

Les clefs de réussite

Afin de garantir rendement, qualité et pérennité de la culture, « un suivi tout au long de l’année est primordial », précise le technicien. Avant l’implantation, l’analyse de terre est consultée afin de vérifier le bon équilibre des éléments minéraux. Les parcelles sont implantées après les pommes de terre. Elles reçoivent annuellement 2 apports d’effluents organiques et, parfois, une complémentation minérale. Un amendement calcique est effectué tous les ans pour couvrir les besoins d’entretien.

En avril, mai et juin, les coupes ont lieu tous les 30-35 jours selon les conditions climatiques. « Dès que je vois une augmentation des refus à l’auge, je débraye la parcelle », souligne l’éleveur. Avant de compléter : « Je fais des enrubannés destinés aux génisses pendant l’hiver. Le débrayage de parcelle me permet de garantir une qualité de fourrage constante. » Durant certaines périodes de l’année et en fonction de la dynamique de pousse, l’éleveur réalise 2 coupes journalières. « Durant les trois à quatre années d’exploitation, je n’ai pas fait de désherbage, il n’y a aucun refus, aucun chardon ni rumex », précise l’éleveur.

La récolte

Elle est réalisée tous les jours avec une autochargeuse équipée d’une faucheuse frontale de 3 m avec vis de recentrage pour éviter de salir le fourrage. Ce matériel permet de réaliser une coupe franche à 7 cm de hauteur permettant un bon redémarrage de la culture. La remorque a aujourd’hui 8 ans et semble partie pour plusieurs années.

Une vitrine variétale

Afin de faire évoluer ou pas le mélange, l’agriculteur, sur les conseils de son technicien, a implanté, à l’automne dernier, différents mélanges à base de dactyle, ray-grass anglais, fétuque, trèfle violet, trèfle blanc pour une durée de 3-4 ans. Cette vitrine variétale a pour but de vérifier le comportement des différentes espèces. Des pesées et vérifications des valeurs alimentaires seront réalisées. « Il est nécessaire de se comparer pour progresser », dit Stéphane Le Fourn, passionné de fourragères. L’agriculteur conclut : « J’ai trouvé la bonne formule. Au regard des contraintes de mon exploitation, pour l’instant, pas de changement en vue. Les résultats sont bons, c’est l’essentiel. »

André Yvinec / Eureden

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