Une exploitation laitière en route vers le bas carbone

10181.hr - Illustration Une exploitation laitière en route vers le bas carbone
Noël Danilo est installé depuis 1999 sur son exploitation à Quéheon.
Noël Danilo est engagé dans la démarche « label bas-carbone ». Le diagnostic Cap2ER (niveau 2), réalisé en 2019, indiquait une empreinte carbone nette de 0,86 kg eq CO2 par litre de lait. L’éléveur fait évoluer sa conduite pour diminuer cet impact.

Noël Danilo est installé depuis 1999 suite à une reprise hors-cadre familial. Son exploitation, située à Quéheon (56), est engagée dans une démarche bas carbone. La SAU de 67 ha est composée de 15 ha de blé, 15 ha de maïs, 5 ha de prairies permanentes et 32 ha de prairies temporaires. Ces dernières sont implantées en mélanges ray-grass hybride (RGH)-trèfle violet ou ray-grass anglais (RGA)-trèfle blanc. « Le RGH permet de commencer le pâturage de printemps beaucoup plus tôt. On gagne 3 semaines par rapport à un RGA », explique l’agriculteur. Côté élevage, les 70 vaches laitières produisent 520 000 L de lait, dont 480 000 sont livrés à Sodiaal. La traite est robotisée depuis 2015.

Un des objectifs de Noël Danilo est d’optimiser son élevage. « Je veux produire du lait avec ce qu’il y a sur l’exploitation  » raconte-t-il. Ainsi, les vaches sortent 24 h/24 dès que les conditions le permettent (en général du 15 février au 15 décembre). 25 ha, tous autour de la ferme, sont disponibles pour le pâturage. Dans les paddocks, des mesures à l’herbomètre sont réalisées toutes les semaines. Si l’herbe est trop haute, l’éleveur débraye la parcelle et fauche pour faire de l’enrubannage. « Je récolte environ 300 ballots par saison », indique-t-il.

[caption id=”attachment_60002″ align=”aligncenter” width=”720″]10182.hr Les vaches laitières sortent au minium 10 mois par an sur les 25 ha de pâture.[/caption]

Au printemps, la ration est composée à 90 % d’herbe pâturée (1/3 de RGH-trèfle violet et 2/3 de RGA-fétuque-fléole-trèfle blanc) et à 10 % de foin à l’auge. En hiver, Noël Danilo donne à ses animaux de l’ensilage de maïs (70 %) et de l’enrubannage (30 %). « Concernant les rations intermédiaires, c’est 50 % de pâturage et 50 % de maïs », précise le Morbihannais.

Le correcteur azoté est distribué au robot. C’est un mélange de tourteaux de soja, de tournesol et de colza. Le silo de maïs, quant à lui, est fermé entre avril et fin juillet.

Des pistes pour continuer dans la démarche

Afin de continuer à réduire l’empreinte carbone de son exploitation, Noël Danilo a plusieurs pistes en tête. Premièrement, il souhaite augmenter la proportion de tourteau de colza dans son correcteur azoté. Ensuite, il vise un âge au premier vêlage à 24 mois, au lieu de 27 actuellement. « J’aimerais aussi diminuer le taux de renouvellement, avec des vaches qui partent à la réforme vers 6 ans et demi », confie-t-il. Pour compléter le tableau, l’exploitant utilise des TCS pour réduire sa consommation de carburant. 4 km de haies ont également été plantés sur le parcellaire.

[caption id=”attachment_60003″ align=”aligncenter” width=”720″]10183.hr 4 km de haies ont été plantés avec le Feoga et Breizh Bocage.[/caption]

Le label bas-carbone en bref

1 600 fermes sont aujourd’hui engagées dans le label bas-carbone. Ces exploitations ont au préalable effectué un diagnostic Cap2ER initial. Ce-dernier permet l’élaboration d’un plan d’actions sur 5 ans. Un deuxième diagnostic est ensuite réalisé en fin de projet pour mesurer l’évolution des émissions et de l’empreinte carbone nette. Chez Noël Danilo, une étude système a été conduite cette année en prenant en compte les axes d’amélioration cités précédemment. Cette simulation système projette une empreinte carbone nette de 0,77 kg eq CO2 /litre de lait en 2024, soit une économie de 443 t eq CO2 sur 5 ans. Un résultat à comparer à l’empreinte initiale de 0,86 kg calculée en 2019. En Bretagne, sur les 2 503 structures ayant effectué un Cap2Er entre 2013 et 2019, l’empreinte carbone nette moyenne est de 0,85 kg eq CO2 /litre de lait. À l’issue de la démarche de labellisation, les agriculteurs pourront vendre des crédits carbone à des entreprises ou des collectivités, à hauteur d’environ 30 €/t eq CO2.


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