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Du soja en Bretagne ?

L’itinéraire technique suivi doit permettre une récolte du soja entre le 15 et le 30 septembre. Panorama des initiatives bretonnes.

« La Bretagne est en limite de la zone de production, la culture nécessitant 1 400 °C en somme des températures (base 6) depuis la levée pour atteindre une maturité physiologique du soja, stade précédant d’une semaine environ la récolte », rappelle Charlotte Carn, d’Eureden. Avec son équipe, elle a suivi des essais sur quatre années. Avec les variétés 000 disponibles sur notre secteur, la date de récolte peut être atteinte tous les ans en zone verte, 5 à 9 années sur 10 pour les zones jaunes et moins de 4 années sur 10 en zone orange (voir carte). « Plus on sème tard, plus les risques à la récolte augmentent ­– ou les coûts de séchage seront à prévoir – et la zone des possibilités s’éloigne vers l’est de la région, sauf pour le Sud-Ille-et-Vilaine », précise Nina Rabourdin, de Terres Inovia.

Les points clé de l’itinéraire technique

Quelques B.A.-Ba sont donc à suivre pour atteindre cette date de récolte. Premier point : le choix de la parcelle. « Il faut privilégier un champ avec une très bonne réserve en eau ou des parcelles irriguées », rappelle l’agronome. Et éviter de cultiver le soja dans des sols calcaires.

Deuxième point : Le soja est une légumineuse, il faut soigner l’inoculation pour la mise en place des nodosités, opération obligatoire en soja. « Il n’y a pas d’apport d’azote minéral ou organique nécessaire. La fertilisation en P et en K est à gérer dans le cadre de la rotation. » Dernier point déterminant : le semis se réalise dans un sol suffisamment réchauffé, à vitesse modérée, avant le 5 mai, à 2 cm de profondeur pour des semis précoces, en terre froide ou battante ; 3 à 4 cm en semis plus tardif, en terre chaude, sèche ou motteuse. Les variétés 000 ramifient peu, il faut donc viser une densité importante : 60 grains/m2. Le tout sur un sol roulé : la surface doit en effet être plane pour faciliter la récolte de la dernière gousse, assez basse. Reste ensuite à soigner le désherbage au départ. « La base en prélevée est importante, notamment pour contrer les chénopodes », insiste Nina Rabourdin.

De 20 à 40 q/ha

Dans les faits, les rendements bretons varient de 20 à 40 q/ ha. Les essais Eureden ont permis d’obtenir 30 à 35 q/ha en moyenne en termes de rendement. « Mais les semis ont souvent été réalisés plus tard que les dates préconisées, ce qui a décalé les dates de récolte et entraîné des difficultés certaines années selon la météo », déplore Charlotte Carn. 

Débouchés
– Le cahier des charges pour le marché « food », pour l’alimentation humaine, est exigeant, et tout particulièrement en ce qui concerne la teneur en protéines et l’humidité de la graine (inférieure à 15 %). Un taux qui varie fortement selon la météo à l’automne. En 2019, il était par exemple de 20 %…
– Pour l’alimentation animale, l’utilisation peut se faire en direct sur l’exploitation pour les ruminants. Attention en porcs, volailles, le soja comporte des facteurs antinutritionnels qui empêchent la valorisation en graine brute. Un procédé de chauffage de la graine est conseillé avant valorisation auprès des animaux (toastage, extrusion, trituration). Sur un troupeau laitier (2 lots/2 robots), la FDCETA35 a comparé la production laitière d’un lot avec soja toasté, supérieure au lot témoin. Les taux restaient stables. Les simulations économiques, fournies par la FDCeta35, montrent néanmoins que le soja autoproduit a un coût de production à 430 €/ha, engendrant un coût supplémentaire de 12 €/1 000 L en vache laitière, face à un tourteau de colza à 230-250 €/t. En système bio, le gain se porte à 145 €/1 000 L.
– Une collecte au niveau régional se met également en place : 30 ha en 2019, 100 ha de prévus en 2020.

30 q/ha en 2019

Pour la 3e année consécutive un groupe du FDCeta 35 a mené des essais. Le semis a été réalisé le 13 mai, à Montauban-de-Bretagne (35), à raison de 555 000 graines/ ha de différentes variétés très précoces 000, avec un semoir à betterave (écartement de 50 cm). Le développement végétatif a été important, entraînant de la verse. La récolte a eu lieu le 20 septembre, juste avant l’arrivée de la pluie. Le rendement a varié de 27 à 30 q / ha, avec un taux d’humidité de 9 à 11 %. La MAT, à 30 %, a quant à elle été pénalisée durant le mois d’août très sec.Erwan Collin, Conseiller FDCeta 35

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