L’herbe est-elle plus verte ailleurs ?

 - Illustration L’herbe est-elle plus verte ailleurs ?
Plaine agricole en Allemagne.
Lors de 17 assemblées, Cerfrance 22 a permis à ses adhérents d’échanger sur l’agriculture et l’économie agroalimentaire de nos voisins et concurrents européens.

En prenant de la hauteur vis-à-vis de notre agriculture française, nous pouvons toucher du doigt les enjeux auxquels nous aurons à faire face demain. Pour cela, commençons par l’Europe, où quatre pays ressortent comme étant les principaux producteurs agricoles :
– La France (1er producteur de céréales et vins, 2e producteur en lait),
– L’Allemagne (1er producteur en lait et porcs), possède un secteur agroalimentaire particulièrement puissant ;
– L’Espagne (1er producteur de fruits et légumes et 2e en porcs) avec un secteur agroalimentaire tourné vers l’export ;
– L’Italie (2e producteur en lait et porcs).

1/3 des agriculteurs européens à l’âge de la retraite

Chaque pays a ses spécificités en termes de moyens de production. À commencer par la main-d’œuvre. En France et en Allemagne près de 40 % des agriculteurs ont plus de 55 ans. En Espagne, ce chiffre s’élève à 56 %. Pour les salariés, l’indice du coût de la main-d’œuvre est d’environ 37 en France et en Allemagne tandis qu’il est de 28 en Italie et 22 en Espagne. Des disparités à mettre en lien avec le niveau du Smic (inexistant en Italie, 1 050 € en Espagne) et le niveau des dépenses publiques nationales.

En termes de structuration des exploitations, là encore la France et l’Allemagne sont proches : environ 60 ha de SAU par exploitation. En Italie, la SAU moyenne est de 13 ha. L’Espagne présente le double d’exploitations par rapport à la France (25 ha, en grande majorité gérées par des doubles actifs, voire des retraités). La France présente un contexte plutôt favorable avec un coût du foncier en moyenne à 6 000 €/ha. En Espagne, celui-ci est de 12 500 € ha, 24 000 €/ha en Allemagne et 34 000 €/ha en Italie. Pour autant, dans chacun de ces pays, les agriculteurs possèdent environ 45 % de la SAU.

Tous ces pays possèdent des atouts et contraintes et doivent s’y adapter tout en intégrant des enjeux sociétaux et environnementaux qui ne cessent d’évoluer.

Le consommateur souhaite être acteur de la filière

Le consommateur souhaite de plus en plus être acteur de la filière à travers son acte d’achat : il veut vérifier la provenance des produits et leur mode de production. L’agriculture biologique ne cesse d’augmenter en France et en Allemagne, la tendance est moins rapide dans les deux autres pays. C’est aussi pour cela que la prise en compte du bien-être animal est un enjeu sociétal qui se développe.

L’environnement est aussi un enjeu. Il n’y a pas d’indicateur idéal concernant l’utilisation des produits phytosanitaires, mais on voit qu’en Europe, 0,98 kg de molécules par hectare sont utilisées. L’Allemagne est le pays le mieux positionné avec une tendance à la baisse entre 2011 et 2016. La France, avec 1,15 kg de molécules/ha, a subi une hausse de 5 % entre 2011 et 2016. L’Italie (grand producteur de fruits et légumes) a le plus d’efforts à faire sur ce point : 2,94 kg de molécules / ha.

Les agriculteurs français ont un bon nombre d’atouts à faire valoir

L’agriculture française, comme ses concurrents européens, devra faire face à différents enjeux. Il est essentiel d’en être conscient pour rester performants et maintenir un secteur agricole puissant.
– La performance économique passera essentiellement par la maîtrise des coûts de production ;
– Les défis environnementaux, en intégrant des pratiques en adéquation avec une réglementation qui évolue constamment et à laquelle il faut s’adapter ;
– Les enjeux sociétaux, en prenant en compte tout au long de la production les attentes des consommateurs pour attester que l’agriculture est en phase avec les réflexions de la société ;
– La valorisation de la qualité des produits en intégrant des cahiers des charges spécifiques qui permettent de « tirer les produits vers le haut ».

Claire Nicol / Cerfrance Cotes d’Armor

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