Élevage

Développer les partenariats avec les bouchers

La valorisation de la Blonde d’Aquitaine passe notamment par les boucheries artisanales et la vente au détail en grande distribution. Les éleveurs bretons entendent s’inscrire davantage sur ces créneaux.

La Blonde d’Aquitaine souffre d’un manque de notoriété. Seulement 4,3 % des Français déclarent connaître cette race allaitante. Elle présente pourtant des atouts indéniables, notamment sa tendreté. Et peut s’inscrire dans différents créneaux de marché comme l’ont montré les témoignages de deux bouchers lors de l’assemblée générale des Éleveurs Blonde d’Aquitaine de Bretagne le 10 mars à Saint-Gilles-Vieux-Marché (22). Avec 60 % de femelles classées U (chiffres Interbev), les bouchers la travaillant apprécient son rendement commercial, de l’ordre de 70 %.

« Les consommateurs demandent de la qualité, de la proximité et du service »

Dans son établissement basé à Malestroit (56), Jean-François Guihard (actuel président de la Confédération française boucherie-charcuterie, traiteurs) commercialise de la Blonde d’Aquitaine depuis de nombreuses années. « Elle s’inscrit dans un ensemble. Je mets aussi en avant le partenariat engagé depuis 31 ans avec l’élevage Pellerin de la Chapelle Caro. Notre clientèle demande de la qualité, de la proximité et du service », explique l’artisan qui achète une femelle par semaine pour sa boucherie.

Jean-François Guihard recherche des carcasses de 420 – 440 kg, de conformation R+ à U= et de 470 kg pendant les fêtes. « Le plus important est la régularité et la finition pour avoir un gras intramusculaire. C’est pourquoi nous travaillons toujours avec le même éleveur. » Une rencontre mensuelle est organisée entre le boucher et William Pellerin installé en Gaec avec son frère. « Ce partenariat fait progresser tout le monde. Devant les carcasses dans l’abattoir, on voit son travail », note William Pellerin.

Des finitions lentes

L’éleveur engraisseur (avec un peu de naissage) réalise des finitions lentes sur 10 mois permettant d’obtenir le fameux persillé. « Je suis plutôt sur des GMQ de 1 300 g en finition. Les animaux arrivent sur l’élevage entre 8 mois et 2 ans. » La ration comprend du maïs, de l’ensilage d’herbe et des drèches de brasserie brutes (20 % de MS), complétés éventuellement avec du blé, du maïs sec et/ou du tourteau de colza. « J’ai un objectif de coût de 1 €/j/animal. »

Chef boucher au Leclerc de Saint-Pol-de-Léon, Nicolas Combot travaille plusieurs races avec des éleveurs locaux, « ce qui contribue au dynamisme du rayon. Nous vendons aussi du jeune bovin en libre-service ». Sortant du volume (10 bovins/semaine), il est quant à lui demandeur de carcasses lourdes (de 500 – 600 kg). Deux marchés, deux attentes différentes… D’où l’intérêt de développer les relations avec les bouchers pour pouvoir bien répondre à la demande.

La Blonde aux Olympiades des métiers
Guillaume Barré, président du syndicat blond breton, souligne qu’un gros travail de valorisation de la race est engagé, fédérant pour le moment une centaine d’éleveurs, et reste ouvert à d’autres adhésions. La communication vers les consommateurs et les bouchers va notamment être renforcée. « Nous allons mettre à disposition des bouchers un argumentaire complet, des outils de communication, de commerce en ligne… », projette le groupe d’éleveurs. Premier signe encourageant : la Blonde d’Aquitaine sera travaillée par les participants aux Olympiades des métiers à Lyon. La boucherie a intégré la compétition l’an passé.
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