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De l’air pour aller aux choux

Le nouveau bâtiment du Gaec Coat-Héry avec traite robotisée et ventilation automatisée a permis de faire face à une baisse de main-d’œuvre en conciliant productions de lait et de choux-fleurs.

Le 6 mai dernier, à Penvénan (22), les associés du Gaec de Coat-Héry ont inauguré leur nouvelle stabulation. Il était temps. Avant cela, les 60 vaches étaient logées dans des bâtiments à saturation depuis un moment. « C’était devenu compliqué de produire 600 000 L de lait par an en trayant dans une installation 2 x 4 postes tout en menant en parallèle 27 ha de chou-fleur. Surtout depuis le départ en retraite de mon oncle en août 2018 », confie Julien Prud’homm. « Nous démarrions de bonne heure et finissions tard… »

Rallonger l’étable n’était pas concevable. Alors les éleveurs sont partis sur un nouveau projet en agrandissant un hangar de stockage de 500 m2 pour obtenir au final une enceinte de 1 300 m2 (375 000 € avec robot de traite). « Dans ce projet, nous tenions à conserver un système sur litière accumulée pour continuer à disposer de fumier bénéfique aux surfaces en légumes », précise son père, Philippe Prud’homm.

« Gérer l’ambiance comme nous voulons »

Dans la réflexion, les associés se sont aussi penchés sur la maîtrise de l’ambiance. « L’ancienne étable était tellement saturée et mal ventilée que l’été dernier, une fraîche vêlée avait attendu d’être dans le parc d’attente pour se coucher… En hiver ou quand une vache en chaleur retournait l’aire paillée, il y avait de la condensation. »
En ce jour d’été, il fait plus de 33 °C. Sous le nouveau bâtiment, le thermomètre annonce 26 °C. Cet environnement tempéré est le fruit d’une ventilation réfléchie. Julien Prud’homm poursuit : « L’idée était de pouvoir gérer l’ambiance comme nous voulons. » Des rideaux escamotables équipent ainsi les longs pans. Au nord, devant la table d’alimentation, se trouve un rideau à enroulage motorisé par commande manuelle. « La possibilité d’ouvrir plus ou moins de ce côté permet de se servir des vents dominants pour chasser l’air vicié », explique Yannick Bodennec, de la société RCY, qui fournit ces équipements en toile armée PVC sur-mesure.

Pascal Guillo (BCEL Ouest), Julien Prud’homm, Alexandre Henry (Farm Ouest) et Yannick Bourdennec (RCY) dans le bâtiment du Gaec.

Au sud, une large ouverture laisse entrer les rayons du soleil jusque sur l’aire paillée. « Nous sommes proches de la mer. Quand les vents secs du sud soufflent, ils sèchent la litière », poursuit le jeune éleveur. Le rideau s’ouvre du haut vers le bas. En bas, un pare-vue évite que les vaches s’installent « au balcon » pour regarder les tracteurs passer. « Cela favorise ainsi une meilleure répartition sur la paille et donc moins de souillure. »
La gestion des 40 m de rideaux au sud est automatisée. Une sonde à l’intérieur de la stabulation mesure la température. Une autre à l’extérieur est équipée d’un anémomètre et d’une cellule photoélectrique pour évaluer en instantané le vent et la pluviométrie. « En fonction des préconisations de l’éleveur et de la climatologie locale », un boîtier permet de programmer l’ouverture / fermeture. « C’est une ventilation statique qui se rapproche d’une ventilation dynamique qui se règle au millimètre », illustre Yannick Bodennec.

Quelques mois après la mise en route, les associés apprécient le confort apporté par cet investissement. « Ici, la météo évolue souvent et très rapidement. Grâce à ce système très réactif, quand il y a une averse pendant que nous sommes au champ, nous ne craignons pas que la paille soit mouillée. »

Continuer à produire du lait

La gestion automatique de l’ambiance et le robot de traite ont bouleversé l’organisation d’une équipe qui digérait difficilement la diminution de main-d’œuvre. « L’année dernière, nous commencions à traire à 5 h et
n’arrivions aux choux qu’à 8 h. À partir de 10 h, l’été, on prenait une suée… À deux, c’était de la folie. Cet été, à 5 h, nous soignons les veaux et poussons les retardataires. À 6 h, nous sommes au champ et nous finissons souvent de récolter à 9 h », raconte Julien Prud’homm. « Sans cela, à deux, nous aurions arrêté de produire du lait car trouver de la main-d’œuvre n’est pas évident. »

Apporter clarté et effet asséchant

Nous sommes beaucoup appelés pour des problèmes d’humidité et de ventilation dans les stabulations. Encore plus avec le développement des robots avec des animaux qui passent en général plus de temps à l’intérieur. Pour cette raison, depuis une dizaine d’années, nous préconisons, entre autres, les installations de filets ou rideaux amovibles en conception de bâtiment. Une solution intéressante pour apporter de la clarté stimulante pour les animaux et agréable pour les éleveurs, un effet asséchant sur la litière favorable sur le plan sanitaire et pour la qualité du lait. La souplesse du système permet de s’adapter aux changements de météo, contrairement aux bardages à claire-voie ou tôles perforées.

Pascal Guillo, conseiller bâtiment à BCEL Ouest
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