La dernière née des bières bretonnes a une saveur toute groisillone. À base d’orge locale, elle est brassée et embouteillée sur l’île.
Il y tenait à sa brasserie groisillone. Son épouse Sylvie l’avait gentiment provoqué : « Tu travailles sur divers projets à travers le monde, mais que fais-tu pour ton territoire ? ». Ce territoire, c’est l’Île de Groix, où il a jeté l’ancre du côté de Port Tudy, il y a une quinzaine d’années. Jean-Pierre Rennaud dirige un fonds d’investissement qui vise à sécuriser l’approvisionnement d’entreprises d’envergure internationale en matières premières de qualité. Du lait, du cacao, de la vanille, des noix de coco ou encore du sucre de canne qui font vivre des paysans en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, tout en préservant leur écosystème. À Groix, c’est la bière qui est au centre de ses préoccupations, depuis bientôt deux ans.
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Rencontre déterminante
« Je souhaitais développer un projet d’économie circulaire ; produire et vendre sur l’île. Au niveau maritime, les activités sont déjà nombreuses. Au niveau agricole, c’est moins développé ». L’ancien directeur environnement du groupe Danone avait sa petite idée ; il a consulté tous azimuts, des habitants aux élus locaux ou régionaux, en passant par les commerçants groisillons. « C’est ma rencontre avec un agriculteur de l’île, adepte de l’agriculture de conservation, qui a été déterminante. Il cultive des céréales avec des méthodes de régénération du sol. Des techniques que nous préconisons sur nos projets, partout dans le monde… La création d’une brasserie est devenue une évidence ». De l’orge locale et une eau de qualité, les principaux ingrédients d’une bière de caractère étaient là, sur l’île, à quelques encablures de sa résidence. Son passé, certes lointain, de directeur de l’usine Kronenbourg de Rennes, lui a facilité la tâche, pour choisir l’équipement et la technique de brassage…
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Dans tous les cafés
« Nous devons produire une boisson de qualité exemplaire pour durer. Et partager notre savoir-faire avec ceux qui la boivent ». Ils devraient être nombreux ; 100 000 touristes visitent l’île chaque année. La bière de Groix sera proposée dans tous les estaminets locaux et dans les deux supermarchés du village. « Tous les cafetiers jouent le jeu », se réjouit Jean-Pierre Rennaud. « Nous avons aussi travaillé avec la biscuiterie Ty Tudi Breizh, située au bourg, pour élaborer des gâteaux apéritifs à base des drèches de céréales de la brasserie ». Une réussite collective qui devrait en appeler d’autres. « Nous envisageons, avec différents partenaires, de produire du biogaz avec des déchets produits sur l’île ». En attendant, la bière de Groix devrait se faire une réputation dès cet été, avec l’afflux de visiteurs.
Un agriculteur au cœur du projet


