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“Mon objectif : être autonome grâce à l’herbe”

Les rendez-vous de l'herbe

Sur la ferme de Stéphane Henry à Cléguérec (56), on profite de la pleine pousse de l’herbe pour faire pâturer au maximum les animaux tout en saisissant les fenêtres météo pour constituer les stocks d’herbe pour l’hiver prochain.

Stéphane Henry a démarré cette semaine le 3e tour d’herbe (sans compter le déprimage). Ses 37 vaches laitières sont en pâturage plat unique depuis début avril. Elles restent 2 à 3 jours par paddock de 1 ha, et produisent actuellement 22 kg/VL (TP : 32,33, TB : 37,9). Avec au moins un tour d’herbe par semaine, l’éleveur évalue la pousse de l’herbe, les parcelles à débrayer et l’état des prairies. « S’il y a trop de refus, je mets un fil avant pour réguler le pâturage ». En effet, dans les prairies de moins de 10 ans, le fil n’est pas nécessaire car les animaux font peu de refus. En revanche sur les parcelles plus vieilles, les vaches ont tendance à pâturer les jeunes pousses entre les refus.

Météo des fauches

10 ha ont été fauchés ces dernières semaines sur les parcelles éloignées composées de RGH/TV : 1,5 ha semé sous couvert d’avoine a été enrubanné, et 8,5 ha ont permis de constituer les premiers stocks de foin. « Je surveille tous les jours la température à l’intérieur des bottes pour m’assurer qu’elles sont stabilisées ». Il lui reste 8 ha à faucher : 4 ha qui seront débrayés et 4 ha non accessibles. « Je vais par ailleurs probablement faire du topping (fauche juste avant pâture) dans certaines de mes vieilles prairies pour gérer le dactyle qui se développe et les quelques chardons qui risqueraient de fleurir ».
Les vêlages sont étalés toute l’année. Le troupeau compte 8 génisses de renouvellement par an réparties en 2 lots : 4 génisses prêtes à vêler, 4 prêtes à inséminer. « Je mets ces 8 génisses à pâturer avec le troupeau laitier pour faciliter leur intégration, les habituer à la salle de traite… Et je n’ai pas de problèmes de parasitisme ».

Un effectif adapté aux stocks

Stéphane Henry souhaite avant tout atteindre au maximum l’autonomie alimentaire pour son troupeau. Pour cela, il essaie d’être en système 100 % herbe avec une énergie apportée en hiver par un mélange céréalier (produit sur la ferme) pour assurer le maintien en état des laitières et garantir une bonne reproduction. Il a choisi, pendant la période de sécheresse en 2018, de réduire son troupeau (passant d’un effectif total de 77 animaux à 63) afin d’anticiper d’éventuels achats de stocks supplémentaires pour boucler l’hiver. « Je préfère qu’il me reste de la marge de stocks quand je démarre le déprimage ». À ce jour, ce sont déjà 71 bottes de foin et 14 d’enrubannage de luzerne qui ont été rentrées pour l’hiver prochain. Sa stratégie de gestion des effectifs sera sensiblement la même si l’été à venir s’annonce sec.

Civam AD 56 / 07 85 26 03 02

Pâturer l’herbe au bon stade

Au printemps, les éleveurs herbagers cherchent à pâturer l’herbe à 12-13 cm à l’herbomètre. Cette hauteur correspond à un bon compromis entre qualité et quantité. En moyenne, cela correspond aussi à un temps de repousse de 30 à 35 jours. Entrer dans les paddocks en respectant ce critère permet de savoir qu’on n’est ni en train de se faire déborder par l’herbe ni en train d’accélérer à contretemps. En ce moment, le risque est plutôt d’entrer dans des paddocks trop hauts et de se faire déborder par l’épiaison. Il ne faut donc pas hésiter à débrayer les paddocks qui dépassent 14-15 cm à l’herbomètre. Cette stratégie permettra de limiter les refus sur les paddocks pâturés et de bénéficier de repousses de qualité sur les paddocks fauchés. On pourra ainsi prolonger la période de pâturage au début de l’été.

Il ne faut pas hésiter à débrayer les paddocks qui dépassent 14-15 cm à l’herbomètre.

En zone humide

On est en plein réveil de l’herbe : ça pousse vite et bien. Mes lots de vaches en ont plein la panse ! On a une pousse d’environ 70 kg de MS par jour. La surface de pâturage disponible aux animaux a bien diminué, ce qui nous fait des temps de repos entre chaque pâturage de 15 à 20 jours maximum. Le reste de la surface en prairie temporaire est destiné à la fauche (17 ha hors prairies permanentes). J’ai coupé 4 ha cette semaine d’un mélange plantain luzerne trèfle pour de l’enrubanné. Le reste sera conduit en foin si la fenêtre météo le permet. L’état des animaux est bon et la croissance des veaux et des agneaux est plutôt bonne. Civam 29 : 02 98 81 43 94
Antoine LE CORRE, Plogonnec (29)

En zone intermédiaire

Durant le mois de mai j’ai enrubanné 20 ha (27 t MS) d’herbe (RGA-TB) et 3 ha (20 t MS) de méteil (avoine-féverole-pois). Pour créer un décalage dans la repousse je fauche 6 ha par semaine. Les parcelles coupées début mai repartent dans le cycle de pâturage dès la semaine prochaine. Malgré un manque de pluie, la repousse est belle, avec du trèfle. Sorti d’hiver, je n’avais pas réussi à tout déprimer et mon trèfle avait disparu. Depuis la fauche, le trèfle est à nouveau bien présent grâce au gain de lumière, les parcelles sont propres et repoussent bien. En juin, je compte faucher 15 ha de prairie pour compléter mes stocks en foin. Adage 35 : 02 99 77 09 56Christophe GENDRON, Lalleu (35)

En zone séchante

Nous avons commencé le 3e tour de pâturage autour du 15 mai. Le 13 mai, nous avons fauché 6 ha pour faire de l’enrubannage. On est descendu à 27 ares par vache mais on entre encore dans des paddocks un peu trop hauts. Du coup, je vais faucher un ou deux paddocks de plus la semaine prochaine, pour raccourcir le temps de repousse qui est de 35 jours. Je vais aussi faire du topping sur des paddocks, pour maîtriser l’épiaison du festulolium (hybride entre RGA et fétuque des prés) et du pâturin. Les vaches produisent 22,5 L avec un stade de lactation de 5. Après la période froide de début mai, la pousse s’accélère ! Cédapa : 02 96 74 75 50 Tanguy Baudet, Hénansal (22)

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