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Pâturage par intermittence

Les RDV de l’herbe

Les conditions météorologiques de mars ont quelque peu perturbé la sortie au pâturage. Le déprimage n’est pas terminé sur toutes les parcelles.

Les 60 Normandes du Gaec de  Kerdennet, en zone humide à Guerlesquin (29), sont restées au chaud dans la stabulation lors de l’épisode neigeux de mi-mars. « Pourtant, depuis le mois dernier, les vaches sont au pâturage toute la journée. Il leur reste 8 ha à déprimer. On a épandu le fumier après chaque passage », explique Pierre Quéniat, associé avec son père.

Des stocks jusqu’à début mai

L’hiver prenant ses aises, la question des stocks de fourrages se pose : « Si pour nous, on a des stocks jusqu’à début mai (soit 700 kg MS/ VL et 500 kg MS/ UGB génisse), certains voisins commencent à être inquiets ! ». En ce moment, les vaches consomment 5 à 6 kg MS d’herbe pâturée, 10 kg MS de foin et 2 kg de maïs grain sec. La production laitière est de 16,8 L/VL avec un TB à 45,8 et un TP à 36,8.

Michel Quéniat, son père, a créé la ferme il y a plus de 40 ans. Les conditions pédo-climatiques avec des sols très drainants et caillouteux et des températures froides en hiver et au printemps, malgré une exposition sud, ont poussé les éleveurs à choisir un système de production basé sur des prairies pâturées. C’est aussi la phénologie de l’herbe qui induit le système d’élevage. « On a groupé les vêlages en août-septembre pour permettre de produire du lait lorsque la pousse de l’herbe est importante, c’est-à-dire au printemps et à l’automne ». Dans la continuité, les éleveurs ont converti la ferme en agriculture biologique en 2013. « Pour sécuriser notre système, mais aussi, simplifier la charge de travail, nous avons autoconstruit un séchoir à foin. »

Un mélange prairial adapté à la fauche

Pierre Quéniat a passé près d’un an de formation avec le Segrafo pour mettre en œuvre ce projet, avec de nombreuses visites de fermes, des études économique et technique. En particulier, sur le choix des semences prairiales à faucher : « Je fais mon mélange moi-même pour avoir de l’herbe productive avec de longue feuille et de grosses tiges. J’utilise ainsi du RGA diploïde, de la fétuque élevée ou du dactyle, du trèfle blanc géant, de la luzerne ou du trèfle violet (selon le pH de la parcelle) et de la fléole. » Le coût alimentaire n’a pas flambé : « On est à 40 €/ 1 000 L de coût alimentaire, soit 25 € pour les concentrés et le minéral et 15 € pour les fourrages. Le coût du séchoir se situe aux alentours de 70 €/ 1000 L entre le bâtiment et l’électricité. » L’installation de ce séchoir a eu des répercussions bien au-delà de la ferme : « La production d’un lait de qualité, à l’herbe et au foin, a permis la création de quatre emplois, indépendamment de la ferme. On vend ainsi 80 000 L de lait qui sont transformés en fromage, produits laitiers et indirectement en cochons et volailles par ma sœur, mon frère et sa femme ainsi qu’une salariée. » se félicitent les éleveurs.

Civam 29 : 02 98 81 43 94

Définir la taille des paddocks
Compter 25 ares par vache laitière comme surface de base, à diviser en 6 à 8 paddocks de 3 à 4 jours.
Compter 25 ares par vache laitière comme surface de base, à diviser en 6 à 8 paddocks de 3 à 4 jours.

La surface de base est celle nécessaire pour nourrir le troupeau laitier en pâturage plat unique sur la période de pleine pousse. Pour la calculer, on prévoit 25 ares/VL. Cette surface sera divisée en 6 à 8 paddocks, selon l’organisation des parcelles, pour obtenir des paddocks d’une durée de 3-4 jours en plein printemps. Certains préfèrent des paddocks durant 1 ou 2 jours pour gérer l’herbe plus finement. Il faut alors compter 1 are /VL/j pour déterminer la taille du paddock. Aux paddocks de base, on peut ajouter autant de paddocks « complémentaires », de même taille, que le permet la surface accessible aux laitières. Pour les bovins viande, compter 25 ares par couple mère-veau pour la surface de base, divisée en 4 à 6 paddocks d’une durée de 4 à 6 jours. La même méthode s’applique pour des ovins ou des caprins (25 ares pour 5 brebis et leurs agneaux ou pour 6-7 chèvres).

En zone intermédiaire
Les laitières dorment encore en stabulation, mais le 2e tour a commencé le 19 mars, car nous n’avons que 25 paddocks d’1,20 ha accessibles. Les précipitations régulières, même peu importantes, ont obligé l’arrêt du pâturage certains jours, début mars. Par contre, les associés n’ont pas voulu ralentir le déprimage en passant 2 jours/paddock, de peur d’abîmer les prairies. En ce moment, nous rentrons avant les 18 cm de hauteur d’herbe mais, sanitairement, c’est intéressant de sortir les bêtes. Les 125 VL traites ont 3 kg de maïs épi, 4 kg MS de maïs ensilage et 6 kg MS d’ensilage d’herbe plus du pâturage. Elles produisent 21,5 kg/VL/j. Civam AD 56 : 07 85 26 03 02

Jean-Pierre Gouello, La Croix-Helléan (56)
En zone humide
À cause de la météo, nous n’avons pas pu pâturer comme nous le voulions. En ce moment, la ration est à base de foin, complétée par 1,5 kg de mélange céréalier et 2 kg de déchets de pomme de terre, pour une production de 15 kg de lait par vache. Depuis 3 jours, nous sortons les vaches la nuit pour augmenter le temps de pâturage entre les deux traites sans augmenter le temps de travail, la production laitière devrait donc remonter. Malgré tout, depuis le début de l’année, le pâturage par intermittence a permis de déprimer 10 ha sur les 13,5 ha de pâturage exclusif. La portance est correcte, mais la pousse est encore lente, car elle a été pénalisée par le froid. Cedapa : 02 96 74 75 50

Mathieu Le Fustec, Plouaret (22)
En zone intermédiaire
Beaucoup de pluie ce mois-ci (27 mm la semaine dernière), cependant les vaches ont bien entamé le déprimage. On est passé sur 29 paddocks, il n’en reste que 13 à finir de déprimer. Finalement, depuis le 21 février, on n’a rentré les vaches qu’une semaine, celle du 6 mars. Mais avec la faible pousse de l’herbe, le pâturage reste un bonus. À l’auge, la ration est de 5 kg MS d’ensilage d’herbe, 6 kg d’ensilage de maïs, 1 kg de correcteur et 2 kg de foin. Les vaches sont à 19 kg (TB : 43 ; TP : 33). Les génisses ne sont pas dehors. Pour 23 génisses : 200 kg d’ensilage d’herbe et 200 kg de maïs. Dès qu’on aura de l’herbe, elles iront dehors. Adage 35 : 02 99 77 09 56

Christophe Mellier, Essé (35)
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