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La féverole est compétitive en engraissement

Yannick Le Goff, éleveur à Kergrist-Moëllou, a réalisé un essai : substituer le soja par de la féverole dans l’alimentation de ses charcutiers. Les résultats étaient présentés à Planète Positive, une vitrine des solutions d’agroécologie, organisée par Triskalia.

L’élevage de Yannick Le Goff compte 450 truies. 6 000 charcutiers sont élevés sur le site principal chaque année et autant à l’extérieur. 3 120 tonnes d’aliment sont fabriquées sur la ferme, grâce aux céréales produites sur la centaine d’hectares en propre et aux achats à l’extérieur. Le tourteau de soja est non OGM du fait de la commercialisation des porcs en label rouge. C’est l’opportunité d’acheter de la féverole dans le voisinage (à 200 €/ tonne) qui a poussé l’éleveur à tester la légumineuse dans la ration d’une partie de ses charcutiers. Quelques tonnes ont été utilisées dans l’un des engraissements extérieurs où les porcs consomment un aliment à base d’orge et de blé, distribué à sec dans des nourrisseurs. La capacité de stockage existait (une année de stock en céréales). Un lot de 270 porcs nourri sans soja et avec féverole, en croissance et en finition, a été comparé à des lots (795 porcs) alimentés de manière classique, sans féverole et avec un soja non OGM.

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IC identique

Les résultats confirment l’intérêt zootechnique et économique de la substitution. Le GMQ est légèrement en faveur du lot « féverole » : 850 g contre 818 g/jour, tout comme la consommation moyenne journalière (CMJ), témoignant de l’appétence de la matière première. L’indice de consommation (30 -115) est identique dans les deux lots : 2, 87. Le TMP est supérieur dans le lot « soja » : 60,3 contre 59,3 (pas de rationnement). Le prix de l’aliment est inférieur quand on incorpore de la féverole : 205 €/tonne contre 215 €/ tonne avec le soja non OGM. « Techniquement, il est possible de remplacer le soja par des protéagineux produits dans le secteur », indique Guillaume Mercier, technicien spécialisé en fabrication à la ferme chez Triskalia. « Il y a deux facteurs limitants : la disponibilité locale des matières premières d’une part et d’autre part, la prédominance du maïs humide dans les rations chez les fafeurs. Le maïs est moins riche en protéines que le blé ; il faut donc incorporer plus de féverole. Or, celle-ci contient des facteurs anti-nutritionnels (tanins) en quantité variable. Par sécurité, on limite son utilisation ». Les recommandations sont les suivantes : 10 %, 8 % et 15 % respectivement dans les aliments truie, porcelet et croissance.

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