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La féverole de la ferme comme concentré

Pour gagner en autonomie protéique, Christian Chemin donne de l’ensilage d’herbe et de méteil et moins de maïs à ses vaches. Sa féverole, une fois extrudée, lui fournit un concentré facilement utilisable.
Christian Chemin vise l’autonomie protéique tout en maintenant la production.
Christian Chemin vise l’autonomie protéique tout en maintenant la production.

Producteur laitier à Vern-sur-Seiche, Christian Chemin vise l’autonomie protéique tout en maintenant la production se situant à 8 800 kg/VL. Pour atteindre cet objectif, l’éleveur diminue la part de maïs dans la ration, souhaitant la faire passer de 14-15 kg MS à 9-10 kg MS. En contrepartie, il amène des fourrages nouveaux aux vaches.

Ensilage d’herbe et de méteil

« En 2014, elles mangeaient du maïs et de la luzerne déshydratée plus du tourteau de soja. Désormais, elles reçoivent du maïs, de l’ensilage d’herbe et de méteil (cultivé en dérobée) et du correcteur à base de 84 % de féverole. Un aliment à base de 50 % de féverole est donné en complément au robot », a détaillé le producteur à l’occasion de la porte ouverte Innov’action sur son exploitation le 22 juin.

Christian Chemin a fait évoluer son assolement, remplaçant ses cultures de luzerne et de colza par de la féverole (5 ha en 2015, 15 ha en 2016). Le correcteur azoté est produit à partir de la féverole cultivée sur l’exploitation, via un partenariat avec l’industriel Valorex. Très dures à la base, les graines sont thermo-extrudées pour être plus digestibles. Le coût de la transformation est de 100 €/tonne. En incluant 6 % d’urée et 10 % de graines de colza, le correcteur revient à 160 €/tonne.

Pas de fertilisation

Christian Chemin utilise des semences fermières de féverole, en semis direct après céréales. Il ne fait pas de fertilisation azotée. Trois herbicides sont passés en prélevée, puis deux régulateurs et des fongicides. En comptant le total des charges (incluant la délégation totale à l’entrepreneur et la transformation), avec un rendement de 50 q/ha et une aide de 150 €/ha, le coût du produit fini revient à 257 €/t.

Stratégie de stabilité

« Même si le coût du soja baisse demain, je garderai la féverole. C’est une stratégie de long terme qui me permet de ne pas subir les fluctuations de prix. De plus, je connais les matières premières entrant dans la composition de ce correcteur. Et il ne contient pas d’OGM, ce qui peut être intéressant par rapport aux attentes des consommateurs », souligne le producteur, également satisfait d’avoir amélioré son empreinte carbone.

Graines de féverole (à droite), correcteur azoté à base de 84 % de féverole (au centre), et aliment de production à base de lin avec 28 % de protéines (à gauche) qui va être distribué au robot.
Graines de féverole (à droite), correcteur azoté à base de 84 % de féverole (au centre), et aliment de production à base de lin avec 28 % de protéines (à gauche) qui va être distribué au robot.

« En changeant de conduite alimentaire et de cultures, le producteur économise des concentrés (de 190 g/kg de lait en 2014 à 160 g en 2017), améliore l’efficacité alimentaire et optimise la fertilisation : de 148 à 101 unités d’azote organique par hectare de surfaces pour le lait. L’empreinte carbone était de 1,07 kg équivalent CO2/L de lait contre 1 kg en moyenne nationale. Aujourd’hui, l’élevage passe dans les 10 % meilleurs sur ce critère, avec 0,75 kg eq. CO2/L », chiffre Sophie Tirard, de la Chambre d’agriculture de Bretagne.

Un excellent précédent
La féverole est une plante protéagineuse présentant de nombreux atouts. Elle permet, par un allongement des rotations, de diminuer la pression des maladies et ravageurs. C’est un excellent précédent qui offre des économies d’azote pour la céréale qui suit. Et sa teneur en protéines (24 à 26 %) est élevée. Par ailleurs, les protéagineux bénéficient d’un coefficient de 0,7 en SIE (Surfaces d’intérêt écologique) et de primes Pac (200 €/ha en 2015, entre 100 et 200 € sans doute en 2016). Mais cette culture présente aussi des inconvénients. Il faut éviter les rotations avec des légumes du fait du risque sclérotinia, et utiliser des parcelles propres exemptes de vivaces. Nina Rabourdin, Terres Inovia
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