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Comment s’adapter au changement climatique ?

Le réseau des agriculteurs biologiques, en partenariat avec le Groupe Yves Rocher, lance un programme de recherche pour adapter les pratiques au changement climatique.

« Depuis quelques années, nous subissons des aléas climatiques inhabituels », constate Sébastien Baron, éleveur laitier à Allaire. « Le coup de chaud du mois d’avril dernier, par exemple, et les périodes de déficit hydrique de plus en plus longues ». Chez lui, certaines prairies de RGA-trèfle n’ont pas supporté  la période chaude et sèche du mois de juin dernier. « J’ai réalisé un sursemis dans certaines parcelles. Demain, je m’interroge sur l’intérêt de poursuivre la culture du maïs », poursuit l’éleveur qui a déjà testé le sorgho fourrager. D’autres agriculteurs tentent, eux aussi, d’adapter leurs pratiques à ces changements. Certains abandonnent le RGI avant maïs pour produire un méteil moins gourmand en eau et moins pénalisant pour ce maïs suivant. D’autres testent de nouveaux mélanges prairiaux en introduisant des chicorées, du plantain ou des fétuques. Le réseau des agriculteurs biologiques a donc lancé un programme, ouvert aux conventionnels, dont l’objectif est de permettre aux producteurs d’anticiper les aléas climatiques.

Enquête de terrain

« Dans un premier temps, nous voulons connaître toutes les initiatives prises par certains agriculteurs locaux ( Pays de Redon et Oust-Brocéliande) en matière d’évolution de leurs pratiques culturales ou de choix de variétés de plantes », indique Niels Bize, de la Frab. « Nous allons donc, dès cette année, réaliser une enquête de terrain, collecter toutes les informations. Ensuite, nous diffuserons ces informations à l’ensemble des agriculteurs du secteur ». Le programme est piloté par un comité qui réunit l’Inra, les bassins versants et les collectivités locales. Les établissements Yves Rocher sont également partenaires du projet. Leur ferme de 55 hectares, sur laquelle ils produisent des extraits végétaux pour l’industrie cosmétique, est adhérente du Gab 56 (groupement des agriculteurs biologiques). Le lancement officiel du programme a eu lieu la semaine dernière à Glénac avec des témoignages et des échanges entre agriculteurs, techniciens et scientifiques.

Plus de journées chaudes en Bretagne
Le niveau de la mer à Brest est monté de 30 cm depuis 1711 et le phénomène s’accélère. Les 3 années les plus froides répertoriées à Rennes depuis 1959 ont eu lieu avant l’année 1990 alors que les années les plus chaudes ont eu lieu après 2010 (2011, 2014, 2015). La pluviométrie annuelle est également plus variable et le nombre de journées chaudes (températures maximales à plus de 25°C) augmente de 4 à 5 jours par décennie dans les terres bretonnes. Les experts du Giec (groupe d’experts internationaux sur le climat) estiment que ce nombre de journées chaudes pourrait progresser de +12 jours à +38 jours en fonction des politiques climatiques qui seront, ou non, mises en place.
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