Machinisme et équipements

L’enrobé est une solution simple et rapide

Pour assurer une bonne circulation des engins agricoles aux abords du bâtiment, la solution d’un sol enrobé est un bon compromis confort/rapidité d’exécution.

L’enrobage de la cour et des chemins d’accès est une des solutions envisageables, afin de garantir une tenue dans le temps et un confort pour l’éleveur. « L’idéal est de programmer les travaux de mai à septembre, pour éviter aux supports empierrés de prendre l’humidité », conseille Benoît Merrer, conducteur de travaux sur le secteur de Morlaix (29) pour l’entreprise Colas, spécialisée dans la réalisation de divers enrobés.

Une charge différente suivant les situations

Le responsable poursuit : « Les chariots télescopiques ont une forte tendance à arracher les revêtements, du fait de leur rayon de braquage court ». L’effet des manœuvres sur place, avec des crampons de pneumatiques agressifs, peut être estompé par un enrobé spécifique. « Les zones de circulation courante sont enrobé à 150 kg/m2. Pour les espaces de giration, en général à proximité de silo, la charge d’enrobées monte à 180 kg/m2 ». L’enrobage sous les silos couloir est réalisé avec un matériau particulier, composé de liants modifiés. « L’élastomère qu’il contient le rend plus souple pour sa mise en œuvre. Ensuite, cet enrobé devient plus dur pour résister aux coups de godets ». Ce produit spécifique modifié avec liant se livre pour des surfaces minimales de 2 600 m2, c’est pourquoi le conducteur de travaux conseille de « grouper les chantiers si besoin, les livraisons se réalisant par tranche de 400 tonnes ». L’emplacement des futurs silos en polyester a aussi droit à un traitement particulier, car les pieds exercent une forte pression au sol, qui peut à la longue déformer l’enrobé. Là aussi, la charge de matériau atteint les 180 kg/m2.

Quelle couleur pour mon enrobé ?
Une solution plus onéreuse consiste à utiliser des enrobés de couleur. « Nous utilisons alors un bitume quasi transparent, de couleur miel, qui se teintera à la couleur des cailloux utilisés. Par exemple, les cailloux issus de la carrière du Goasq à Scrignac (29) donnent une couleur ocre à l’ensemble », explique Benoît Merrer.

L’empierrage fait tout

Que les revêtements de sol soient en béton ou en enrobé, la préparation du sol est identique. « La préparation et le compactage donnent la pente, pour l’évacuation des eaux. Elle doit être de 1 % au minimum quand la surface est bétonnée et de 1,5 % quand elle est enrobée, cette matière étant plus rugueuse », explique Didier Péron, gérant de la société Travaux Publics du Trégor, basée à Plouégat-Guérand (29). « Pour 5 000 m2 de chantier, il faut compter une semaine de travaux de terrassement, de reprofilage et d’empierrage. L’enrobage dure 2 jours ». L’empierrage est réalisé à base de graves non traités (GNT), avec une granulométrie de 0/31,5.0

Béton ou enrobé ?

Le choix du matériau de revêtement tourne souvent à l’avantage de l’enrobé. « Le béton résiste mieux aux attaques des acides contenus dans les ensilages. Du côté du confort, le béton est plus dur. Un revêtement en enrobé sera plus souple à la conduite, plus arrondi, avec une absence des angles saillants », note Benoît Merrer. Pour le délai de circulation après travaux, avantage au produit bitumeux, les engins pouvant l’emprunter au bout de 4 à 5 jours, contre 2 semaines pour le béton. « Il faut aussi ne pas lésiner sur le drainage, avec des évacuations d’eau si besoin. Le gel aura tendance à faire éclater les revêtements si l’eau stagne ». Pour le coût de réalisation, l’enrobé l’emporte, avec un prix oscillant suivant la surface et l’épaisseur entre 10 et 15 € HT/m2, hors travaux d’empierrement.

Benoît Merrer (à gauche) et Didier Peron travaillent de concert pour empierrer et enrober les abords de bâtiments agricoles
Benoît Merrer (à gauche) et Didier Peron travaillent de concert pour empierrer et enrober les abords de bâtiments agricoles

 

Des végétaux pour insérer le bâtiment dans le paysage
Concernant l’insertion paysagère du bâtiment, la réglementation impose de « créer des plantations en cas de bâtiment neuf, pour intégrer au maximum l’édifice dans le paysage. Il convient aussi d’indiquer si les arbres existants seront conservés ou non ». Pour bien choisir ses végétaux, Pascal Kerveillant, enseignant au lycée de l’horticulture et du paysage de Kerbernez, à Plomelin (29), conseille de « planter en période de repos végétatif, de décembre à février, et hors période de gel, dans un sol non gorgé d’eau. Mieux vaut utiliser des essences locales, comme le chêne, le hêtre ou le châtaignier. L’étage du dessous peut être composé de houx, de noisetiers ou de bourdaine. Pour les régions littorales, le fusain du Japon résiste aux embruns. Il faut être vigilant à ne pas planter trop près des bâtiments pour éviter les accidents ». Les plants mis en terre doivent être jeunes et espacés de 1 à 1,5 m. « Un paillage arrosé et plaqué au sol limitera la pousse d’adventices. Une bonne épaisseur de paille, de 20 à 25 cm, convient ».
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