Bel été annoncé

« Plus les nids de pies sont hauts plus l’été sera beau ». Soyons donc rassurés pour 2018. Vu la hauteur des ouvrages de ces malicieuses, le soleil promet de briller à pleins rayons cette année. Et sans vent. Car, comme le dit cet autre dicton emprunté aux corneilles : « Quand les pies vont vers le vent, inutile de s’habiller jusqu’aux dents ».

Pour autant que ce dernier dicton ait été dérobé, il serait saugrenu de traiter Margot la pie de cleptomane. Babillarde sans équivoque, mais chapardeuse non. Pas plus qu’aucun autre oiseau, elle n’a eu d’yeux pour les objets brillants. Mythe et folklore accompagnent cette prétendue attirance pour le scintillant, a d’ailleurs tranché une étude de 2014 menée par le centre de recherche en comportement animal de l’université anglaise d’Exeter. Mener une étude similaire sur les humains risquerait en tout cas de donner des résultats bien différents sur l’attirance de sapiens pour tout ce qui brille. Mais passons. À bas également cette légende populaire qui voudrait que la pie soit sotte comme un panier. Toujours selon le même centre de recherche, elle serait au contraire intelligente. Comme ses cousins corvidés, l’oiseau en queue de pie est apte au raisonnement complexe ; et est même capable d’imaginer comment réfléchit un congénère.

Tout ceci concourt à dire que se faire traiter de « cervelle d’oiseau » peut finalement être flatteur. Et incite à faire preuve de davantage de bienveillance à l’égard de cet oiseau qui porte sur ses ailes le trop lourd fardeau des superstitions des hommes : « Quand on voit une pie, tant pis ; quand on en voit deux, tant mieux ».


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