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Un bon déprimage pour garantir un bon tallage

Pour Florent Cotten de PâtureSens, « la bonne résolution des éleveurs en ce début d’année doit être de gagner en rigueur sur la gestion du pâturage pour obtenir des bénéfices financiers plus importants ». Et tout commence par un bon déprimage.

Cet hiver, encore exceptionnel, s’est traduit par beaucoup de douceur (+ de 3 °C en moyenne) accompagnée d’une pluviométrie abondante (350 à près de 500 mm sur décembre – janvier). « Cela a permis de bonnes pousses hivernales, de 5 et 15 kg de MS / jour en Bretagne d’après les mesures réalisées en suivi chez les éleveurs, justifiant un déprimage précoce », explique Florent Cotten. Il rappelle que l’objectif est de pâturer toute la surface avant que la production d’herbe ne dépasse les besoins du troupeau. « Les Anglophones parlent de « golden day » ou jour en or. Si le déprimage n’est pas terminé avant cette date, propre à chaque exploitation, alors la productivité de la prairie ne sera pas optimisée. » Le résiduel, hauteur d’herbe à la sortie des animaux de la parcelle, sera un bon indicateur : « Il devra se situer autour de 3 à 4 cm (1 300 à 1 400 kg MS / ha) afin de permettre à la plante de taller le plus possible ensuite ».

Prérequis pour démarrer le déprimage

Avant de lancer sa saison de pâturage, plusieurs facteurs sont à prendre en compte tels que la portance, le couvert moyen (biomasse disponible sur la surface accessible), le nombre de paddocks à déprimer, les accès… « La portance pourra être gérée grâce à de bons chemins stabilisés, la présence d’une entrée et d’une sortie distinctes par paddock et enfin un temps de séjour court (2 à 3 heures en journée pluvieuse). L’optimum étant de conduire les paddocks en système de pâturage 24 heures, soit deux séjours de 12 heures sur deux journées successives, jusqu’à la sortie des animaux la nuit. »

Si les résiduels visés sont atteints (voir plus haut) avec un temps de séjour court dès la phase de déprimage, « le second cycle ne sera que meilleur en sachant que là aussi le stade d’entrée sera également essentiel. La gestion des refus à travers cette conduite sera plus facile à gérer ».

Favoriser le tallage

Par ailleurs, Florent Cotten rappelle qu’en période végétative, chaque talle produit de nouvelles feuilles. Deux facteurs agissent principalement sur la multiplication de ces tiges à partir d’un même pied : la température et la lumière. « La température agit sur le tallage par l’augmentation du nombre de feuilles formées. Et la lumière joue un rôle primordial sur la création de ces dernières. Par contre, le tallage s’arrête dès lors que l’indice foliaire du couvert dépasse 1,5 t de MS de disponible par hectare.

Ce phénomène s’explique par le fait qu’un bourgeon de talle ne peut entrer en croissance que s’il reçoit suffisamment de lumière », explique le conseiller. « N’oublions pas non plus que la source essentielle d’azote dans une prairie doit rester le trèfle. Un bon déprimage va permettre un bon accès à la lumière à la légumineuse. Les stolons, développés au cours de la saison précédente ayant été enterrés par l’activité des lombrics (turicules) et le passage des animaux à l’automne dernier, vont alors émerger de nouveau à la surface du sol, et pouvoir commencer à créer leurs premières nodosités. » D’où l’intérêt de maîtriser son couvert tôt avec un bon déprimage –« précoce et maîtrisé qui va favoriser tallage des graminées et vigueur du trèfle » et de suivre ensuite cette dynamique enclenchée sur les prairies pour toute la saison.

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