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Sensibilisation aux enjeux de l’agriculture de conservation des sols

Le 14 octobre, plusieurs agriculteurs du groupe Geda Sol vivant 35 ont accueilli Christine Cloarec, députée, et Florence Fernandez, de la Draaf, sur une exploitation d’Essé, en production de veaux de boucherie, cultures et énergies renouvelables.

Cette rencontre, organisée à la demande des membres du groupe départemental Geda “Sol vivant 35”, visait à expliquer la transition agro-écologique engagée par le collectif à Christine Cloarec, députée de la 5e circonscription d’Ille-et-Vilaine, et à poursuivre le dialogue avec la Draaf. La visite d’une parcelle a été l’occasion de nouer un dialogue constructif sur l’ambition du groupe, en même temps que de sensibiliser sur les enjeux auxquels il est confronté.

En effet, « le groupe chemine vers une agriculture soutenable, respectueuse de la vie du sol et de l’environnement, tout en restant productive. L’agriculture de conservation consiste à substituer le travail mécanique du sol par celui obtenu naturellement sous l’effet des racines. Le développement racinaire des couvertures végétales permanentes des sols, combiné à l’allongement et la diversification des rotations, permet d’améliorer la fertilité du sol. La démarche collective, à savoir progresser ensemble vers le semis direct sous couvert permanent, a pu être présentée », souligne Charlotte Aymond, animatrice-coordinatrice du Geda 35 et accompagnatrice du groupe départemental Sol vivant 35.

Des enjeux réglementaires

Les travaux de ce groupe créé en 2012 ont déjà obtenu une certaine reconnaissance puisque le groupe est labellisé GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental) par le ministère de l’Agriculture depuis 2015 et soutenu financièrement par le Conseil régional depuis juin 2016 dans le cadre de l’AEP (Agriculture écologiquement performante). « Néanmoins, des enjeux réglementaires (fertilisation des couverts) restent à travailler avec les institutions compétentes et la formalisation d’un partenariat avec un laboratoire scientifique serait pertinente pour suivre objectivement les effets de l’évolution de ces pratiques. Ce suivi scientifique serait également indispensable pour que ces agriculteurs puissent être accompagnés dans l’expérimentation des alternatives au glyphosate. »

Sécuriser les alternatives au glyphosate

En effet, pour réduire l’utilisation d’herbicides et éventuellement réussir à s’en émanciper, le groupe a besoin de développer des couverts végétaux qui soient en capacité d’étouffer les graminées. « Nous en utilisons au maximum 1,5 L/ha/an, et plus souvent entre 0,8 L et 1,2 L/ha, sur des couverts développés vivants et le sol n’était pas retourné à l’issue des pulvérisations », ont précisé les agriculteurs. Au-delà de cette présentation technique, les adhérents ont détaillé en quoi cette pratique ouvrait pour eux de nouvelles perspectives.

« Notre sol étant moins perturbé, les plantes y sont moins malades, plus résistantes face aux aléas climatiques, ce qui nous permet de réduire notre IFT (Indicateur de fréquence de traitements phytosanitaires). L’attention que nous portons à la vie du sol fait que nous ne souhaitons pas être perçus comme des défenseurs du glyphosate sur lequel est centré actuellement le débat. Nous percevons les enjeux sur la santé et l’environnement. Notre ambition est simplement de perfectionner nos itinéraires pour produire une alimentation de qualité, attentive à la protection de l’environnement sur des sols où la fertilité serait de moins en moins dépendante aux intrants ! »
À ces échanges constructifs, des suites seront données dans les prochains mois avec le Conseil régional, la Draaf Bretagne et les autres parlementaires en charge de l’agriculture, en lien avec la feuille de route établie par le groupe « pour poursuivre la transition agro-écologique. »

Pour pouvoir poursuivre la transition

La feuille de route du Geda Sol vivant 35 est la suivante : « Nous agriculteurs, professionnels formés et diplômés pour utiliser des produits phytosanitaires en situation sécurisée et contrôlée, souhaitons :

  • Que l’origine de la pollution des eaux par l’AMPA* soit éclaircie ;
  • Que le caractère cancérigène du glyphosate soit certifié par un organisme neutre ;
  • Pouvoir fertiliser nos couverts en quantité raisonnable et suffisante (50 uN efficaces en juillet, 40 uN efficaces à partir du 01/08, comme les dérobées) pour favoriser un développement rapide permettant de limiter la présence éventuelle d’adventices ;
  • Utiliser ponctuellement le glyphosate sur les couverts, de 1 L à 1,5 L/ha maximum, dans le contexte de semis direct sous couvert ;
  • Travailler avec la recherche (Inra… ) pour trouver des solutions alternatives au glyphosate sans retour au travail mécanique du sol ;
  • Accompagner collectivement les agriculteurs qui choisissent la transition vers l’agriculture de conservation des sols et plus largement l’agro-écologie ;
  • Contribuer au plan Écophyto 2 et augmenter la biosécurité en grandes cultures par des essais : utilisation d’oligo-minéraux dynamisants en substitution aux herbicides, limitation à 1 fongicide sur céréales ;
  • Laisser un sol fertile, grâce au stockage de carbone, aux générations suivantes. »

* produit de dégradation du glyphosate

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