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Une étable pour produire beaucoup de lait à 2 UTH

Cyril et Fabrice Meunier ont imaginé un bâtiment moderne pour conduire à deux 125 vaches et 170 ha de surface.

Cyril et Fabrice Meunier ont inauguré leur stabulation le 21 mars dernier. Un bâtiment équipé de deux robots et 150 logettes. Ce projet mûrement réfléchi, « au fil de plusieurs visites d’exploitations », poursuivait un double-objectif : rationnaliser le travail et diminuer l’astreinte. D’une part, pour pallier le départ en retraite de leurs parents. D’autre part, pour rassembler tous les animaux. « Auparavant, le cheptel en production, scindé en deux troupeaux, était logé sur deux sites. Pendant quatre ans, nous avons produit 1,3 million de litres de lait en faisant tourner deux salles de traite tous les jours… »

Deux robots pour pouvoir travailler seul

Cyril et Fabrice Meunier.
Cyril et Fabrice Meunier.

Au départ, les deux frères avaient pensé à un manège de traite. « La semaine, nous aurions pu travailler avec un roto. Mais pendant les week-ends, vacances ou chantiers de culture, une personne seule n’aurait pas pu conduire l’atelier. Alors qu’avec les robots, c’est possible », explique Fabrice Meunier qui dédie 80 % de son temps au suivi des vaches, génisses et veaux. Cyril se concentrant sur les cultures et la gestion administrative. Une organisation sécurisée par l’adhésion à une Cuma avec chauffeur. « À tout moment, nous pouvons déléguer si nous ne sommes pas assez disponibles. »

Dans l’enceinte, l’accent a été mis sur le confort des animaux. « En zéro pâturage, c’est primordial. » Pour préparer la transition, sur le conseil d’un autre éleveur travaillant en traite robotisée, les associés ont anticipé en faisant une cure de biotine pour renforcer les onglons. Après s’être renseignés sur les logettes souples, ils ont finalement opté pour un modèle classique, rigide. « Par contre, les vaches se couchent sur des matelas additionnés de 3 kg de paille par place par jour. » Les brosses à vaches, « obligatoires dans un bâtiment » ont du succès.

La stabulation est également équipée du système Isocell de murs escamotables optimisant la ventilation naturelle. Un procédé que l’un des frères avait repéré lors d’un stage au Canada. Le gonflage des membranes en PVC est contrôlé par des sondes mesurant la température, le vent et la pluviométrie. Mercredi 21 juin, lors de la porte ouverte Innov’action, le thermomètre est monté bien au-dessus de 30 °C. Sous cette chaleur, les visiteurs n’ont pas vu varier le bardage au cours de la journée, mais ils ont pu apprécier l’ambiance d’un bâtiment totalement ouvert sur les longs pans.

L’état à la caméra, les chaleurs à l’œil nu
Les deux robots sont équipés de la caméra BCS de DeLaval qui mesure l’état des animaux au moment de la traite. « Je surveille si les vaches ne maigrissent pas trop sur les 50 premiers jours de lactation. Cela se voit à l’œil, mais le système confirme. Je commence aussi à m’intéresser à la date de remise à la reproduction. Si la vache est en reprise de poids, j’insémine », explique Fabrice Meunier qui n’était pas très branché informatique avant de se lancer dans la traite robotisée. « J’appréhendais. Mais finalement, je profite des possibilités. Je ne vois plus tout à fait mes vaches de la même façon », explique-t-il dans son bureau panoramique qui surplombe la stabulation. L’animalier n’a, pour autant, pas tout délégué. « Pas de mesure de l’activité par exemple. Je continue à repérer les chaleurs moi-même et je ne constate pas de retard particulier dans mes plannings. »

Tapis de distribution pour l’alimentation

L’alimentation est apportée grâce un tapis de distribution de chaque côté de la stabulation. Un choix stratégique : « Ainsi aucun matériel excepté l’automoteur de paillage des logettes n’entre dans l’enceinte. Sanitairement, c’est une sécurité. Cela limite aussi le bruit pouvant perturber les animaux. »

Si ce système de tapis a un coût, les associés le relativisent en rappelant que la création de deux couloirs d’alimentation d’une largeur de
5 ou 6 m de chaque côté aurait réclamé davantage de remblais, de béton, de toiture… « Et puis, nous n’avons pas besoin de repousser à la main ou d’investir dans un outil pour le faire. » Autre spécificité, une simple barre au garrot plutôt que des cornadis « afin de brider le moins possible les vaches et de gagner des places à l’auge. » La ration est apportée une fois par jour. Mais en hiver, il est possible que l’introduction de betteraves, volumineuses, nécessite deux distributions.

Avec trois mois de recul, les éleveurs semblent ravis. « Le mélange des deux troupeaux n’a pas posé de problème. Nous avons eu des
pénalités cellules les deux premiers mois, mais tout semble rentré dans l’ordre. Depuis quelques semaines, les 119 vaches en production donnent en moyenne 32 kg de lait en 2,7 traites par jour. Notre objectif étant de conduire 125 laitières à 34 kg pour livrer 1,5 million de litres, nous sommes dans les bons temps de passage. Cet été, nous allons même être vendeurs de quelques animaux… »

Une stabulation à 7000 € la place, silos compris

Entre 2014 et 2016, les associés ont dessiné leur projet bâtiment et attendu d’avoir la capacité de financement pour se lancer. Installés en zone littorale, Cyril et Fabrice Meunier étaient réglementairement contraints de construire dans la continuité de l’existant. La nouvelle enceinte de 150 logettes a été construite à l’emplacement des anciens silos. De nouveaux silos ont été montés un peu plus loin, ainsi qu’une stabulation pour les génisses et taries.

Le système Isocell de murs de membranes en PVC permet de réguler la ventilation naturelle du bâtiment en fonction de la météo (température, vent, précipitation). Là, l’étable est grande ouverte.
Le système Isocell de murs de membranes en PVC permet de réguler la ventilation naturelle du bâtiment en fonction de la météo (température, vent, précipitation). Là, l’étable est grande ouverte.

Ramené à la place, le coût du projet s’élève à 6 995 €, frais de dossier et coût de construction des silos (140 000 €) inclus. L’objectif de livraison du Gaec est de l’ordre de 1,5 million de litres de lait. « Deux tiers en volume A, un tiers en volume B. » Suite aux investissements raisonnés par rapport à l’assise économique de l’exploitation, « pour que cela passe, il faut un prix A à 320 € / 1 000 L et un B à 240 €… », calculent les deux frères.

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