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La traite robotisée a fait baisser le coût alimentaire

Menant 120 vaches en couple, Lisa Rihet et Guillaume Rebours ont opté pour les robots de traite pour gagner en confort de travail et en souplesse horaire. Cette approche technique a aussi boosté les performances des animaux.

Au Gaec Les Six Chemins à Plumaudan (22), « après un an de gros travaux », les deux robots de traite ont été mis en route le 17 mars 2020. Un choix dicté avant tout par la recherche de « confort de travail » pour Lisa Rihet et Guillaume Rebours sur une exploitation dont le volume de production a beaucoup évolué suite à leurs installations successives. De 450 000 L de lait livrés en 2012 à 1,2 million aujourd’hui. « Déjà, avec 85 vaches en production, il fallait compter 5 heures de traite par jour dans notre installation 2×6 postes », se rappelle la jeune femme. « Avec deux enfants en bas âge et un lieu d’habitation qui n’était pas sur site à l’époque, c’était vraiment compliqué. »

De meilleurs pics de lactation

Aujourd’hui, deux stalles V300 traient les 120 vaches du troupeau. « Nous ne voulions pas de circulation libre. L’approche de DeLaval nous convenait mieux : on pousse les vaches en retard dans le parc d’attente des robots et ensuite, nous sommes libérés, notamment le week-end pour profiter du temps en famille. C’est également plus simple pour l’apprentissage des primipares », apprécie l’éleveuse.
Avec 18 mois de recul, les associés mesurent l’impact de la traite automatisée. « Le niveau d’étable est passé de 30 à 34 kg de lait par vache et par jour. Ce volume supplémentaire dilue les charges opérationnelles : le coût alimentaire a baissé de 6 ou 7 € / 1 000 L », résume Guillaume Rebours. La plus grande fréquence de traite, la bonne valorisation de l’alimentation et une complémentation bien calée au Dac des robots permettent d’aller chercher « des pics de lactation plus hauts ».

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En repoussant et remélangeant la ration toutes les 3 heures, l’automate assure que les animaux aient toujours de la nourriture à disposition.

De la méthionine pour limiter le correcteur

La ration mélangée à l’auge est calée pour une production de 25 kg de lait. Soit par vache et par jour (en matière sèche) : 15 kg de maïs ensilage, 2 à 3 kg d’ensilage d’herbe (prairies de fauche et dérobées avant maïs) autour de 13 à 15 % de MAT, 2,5 kg d’un correcteur azoté plutôt soluble, 500 g de paille. « Le correcteur à 43 % de protéines contient un minéral à la carte enrichi en sel, en levures pour favoriser la digestion et d’un complexe de chélates et biotine pour renforcer l’immunité et limiter le risque de boiterie », précise Johann Cariou, conseiller chez Coréal. « Depuis un mois, nous incorporons aussi 50 g par vache et par jour de méthionine protégée : l’optimisation du métabolisme protéique a permis de baisser l’apport de correcteur de 400 à 500 g par jour en contrepartie. » Notons que la ration est repoussée et remélangée toutes les 3 heures par l’automate Optiduo (DeLaval). « Comme les vaches ont toujours de la nourriture à disposition, cela les stimule et crée du mouvement dans le bâtiment au profit de la fréquentation des stalles de traite », confie Guillaume Rebours.
Aux robots, les animaux, en fonction de leur production, reçoivent au maximum 3,5 kg d’une formule soja – colza 70 / 30 et 3 kg d’une VL à 19,5 % de protéines. « À l’arrivée, pour juger de l’efficacité d’une ration, c’est la marge sur coût alimentaire qui compte. Au Gaec, aujourd’hui, les 8,50 € par vache et par jour sont atteints, à comparer avec une moyenne des élevages bretons autour de 5,5 à 6 €…», termine Johann Cariou.

Récolter et conserver de bons ensilages
«Éleveurs concentrés sur l’élevage, robots, travaux de culture beaucoup délégués… Le Gaec a un système un peu hollandais », estime Maël Raulo, conseiller nutrition Innoval. « Basée sur les fourrages conservés, la ration est très stable. » Pour le spécialiste, la traite robotisée a clairement rapporté de l’efficacité. « La moyenne technique est passée de 9 500 à 10 300 kg produits par vache. » Avec une reproduction bien maîtrisée (IVV de 388 jours contre 402 jours en moyenne sur les élevages robotisés de l’ex-zone BCEL Ouest) suivie par le vétérinaire, le lait par jour de vie a bondi de 11,8 kg à 14,1 kg… « Dans le même temps, le coût alimentaire a baissé de 103 € à 96 € / 1 000 L aujourd’hui. » Une vache consomme en moyenne 1,5 t de correcteur azoté et 280 kg de concentré de production par an. « Au Gaec, la quantité de VL au robot est finalement assez limitée grâce à une bonne qualité d’ensilage de maïs », souligne Maël Raulo. D’abord, les associés accordent de l’importance à la vitalité au départ et à la digestibilité dans le choix des variétés. Ensuite, depuis 4 ans, des conservateurs sont ajoutés aux ensilages (maïs, herbe) pour limiter l’échauffement au front d’attaque et à l’auge. « C’est flagrant, ici, il n’y a quasiment aucune perte », termine l’observateur.

Des colliers pour la repro et la santé

Depuis la rénovation du bâtiment pour accueillir les robots, les veaux sont élevés dans des niches à l’extérieur. « C’est même le top ! », apprécie Lisa Rihet. « C’est simple, il n’y a plus de problèmes pulmonaires ou de coccidiose. Avant, ça toussait par période… » Désormais, les croissances sont meilleures. « À l’œil, les génisses sont plus belles et que nous avons gagné du GMQ sur cette phase de démarrage jusqu’au sevrage. »
La mise à la reproduction intervient plus tôt (vers 15 – 16 mois) grâce à ces meilleures croissances mais aussi à l’utilisation de colliers SenseHub. « Le système facilite la détection des chaleurs chez les jeunes et chez les vaches. » Ensuite, dès que le vétérinaire a confirmé la gestation, l’appareillage est placé sur un autre animal (une génisse ou une tarie proche du vêlage).
Ces colliers mesurent aussi l’ingestion et la rumination. Le système alerte par SMS en cas de problème. « Cela nous a déjà permis de prendre en charge beaucoup plus tôt des animaux pour une mammite colibacillaire, un retournement de caillette ou un gros coup de chaleur. »

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