Élevage

Le poulailler le plus chair de France

Thomas et Isabelle Couëpel ouvrent les portes du plus grand poulailler de France en volaille de chair le 21 juin à Andel. Une occasion unique de voir les innovations en termes de ventilation, matériel d’élevage, chauffage…

Lorsque Thomas Couëpel s’est installé en 1998 comme aviculteur à Andel (22) il a construit 2 poulaillers de 1 200 m2 chacun. Aujourd’hui sa femme Isabelle le rejoint sur l’exploitation et les éleveurs viennent d’achever leur premier lot de poulets sexés dans le poulailler neuf de 3 000 m2. En 1998, lors de la construction des 2 400 m2 l’investissement était de 125 €/m2 (dossier administratif et fumière comprise). Aujourd’hui, on approche en moyenne les 300 €/m2. « Mais les bâtiments ont bien évolué, le Colorado qui marchait très bien à l’époque n’est plus adapté pour les souches de volailles actuelles et les nouvelles exigences au niveau des taux de pododermatites », constate Thomas Couëpel.

Isabelle et Thomas Couëpel, aviculteurs à Andel.
Isabelle et Thomas Couëpel, aviculteurs à Andel.

25 m de large sur 120 m de long

« Notre projet initial était de construire 2 poulaillers de 1 500 m2. Mais en partant sur un seul bâtiment de 3 000 m2 nous avons économisé entre 10 et 20 %, somme que nous avons investie dans du béton, bitume aux abords des poulaillers et dans un hangar de stockage », explique Isabelle Couëpel. L’éleveuse avait une seule réelle exigence sur la conception du bâtiment, elle voulait des fenêtres pour profiter de la lumière naturelle.

La première innovation de ce bâtiment est sa taille : 25 m de large sur 120 m de long. Avec 3 000 m2 de surface d’élevage cela en fait le plus grand bâtiment de France en volaille de chair. Il ne fallait donc pas se tromper sur le système de ventilation à installer. « Nous avons naturellement sollicité le fabricant Skov qui a une solide expérience de la ventilation sur de grandes largeurs. Ils nous ont fait visiter, avec notre équipementier Sodimel, des élevages au Danemark. Nous avons constaté que leur principe de ventilation fonctionnait parfaitement sur des poulaillers jusqu’à 40 m de largeur », raconte Thomas Couëpel.

16 cheminées équipées de ventilateurs à économie d’énergie sont disposées en 2 blocs de 8 en toiture du poulailler. 2 cheminées sont totalement progressives et les autres le sont de 50 à 100 %. Lorsqu’elles fonctionnent toutes à 100 % les 9 turbines de 42 000 m3/heure installées en pignon viennent en complément. « On travaille à une dépression comprise entre 0 et 10 pascals alors que dans les autres poulaillers on est entre 30 et 40 pascals », précise l’éleveur. La ventilation est basée sur le CO2 et non sur l’hygrométrie. « L’ambiance est meilleure, on ventile plus efficacement. »

Un mode de chauffage novateur

Le chauffage est assuré par des tuyaux Spiraflex qui sont placés sur les pignons du poulailler et sur la longueur sous les trappes d’entrée d’air. « Ce sont 2 tubes à ailettes dans lesquels l’eau circule à 80 °C en entrant et ressort à 60 °C. Un mètre linéaire de Spiraflex correspond à 1,5 m2 d’échange. C’est comme si on avait un gros radiateur de 3 m de haut sur toute la longueur et de chaque côté du bâtiment », illustre l’aviculteur. Pour le moment c’est une chaudière à gaz qui chauffe l’eau qui circule dans les tuyaux.

Les tuyaux Spiraflex assurant le chauffage sont placés au-dessus des fenêtres et en dessous des trappes d’entrée d’air.
Les tuyaux Spiraflex assurant le chauffage sont placés au-dessus des fenêtres et en dessous des trappes d’entrée d’air.

« Mais comme Thomas a toujours besoin d’avoir un projet en tête, il réfléchit déjà à un moyen de chauffer l’eau avec autre chose que le gaz », déclare Isabelle Couëpel. Les aviculteurs apprécient ce principe de chauffage par circulation d’eau chaude : « Il n’y a pas de dégagement d’eau ni de CO2. La chaleur est homogène, il n’y a pas de zones chaudes ou froides. » Le luxmètre situé dans le poulailler permet d’ajuster l’intensité lumineuse des lumières Led en complément de la lumière naturelle et en fonction de ce qui a été paramétré par l’éleveur.

Une optimisation du temps de travail

Après ce premier lot de poulets dans le bâtiment neuf les impressions des éleveurs sont plutôt bonnes. Ils mettent en avant l’optimisation du temps de travail avec 3 000 m2 en un seul poulailler. Mais tout n’est pas parfait, il reste encore beaucoup d’eau à évacuer de la dalle ce qui est pénalisant sur les taux de pododermatites. Thomas Couëpel apporte un seul bémol sur un des problèmes lié à la taille du bâtiment : « Les poussins viennent forcément de différents parquets, avec de l’hétérogénéité sur le plan sanitaire. Par conséquent on peut vite arriver à des taux de mortalité élevés comme sur ce premier lot où on totalise 12 % de mortalité. »

Les aviculteurs terminent en précisant la raison de l’agrandissement de l’élevage : « Nous avons concrétisé ce projet pour gagner plus d’argent et améliorer notre qualité de vie. Lorsque l’on investit plus d’un million d’euros, on a le droit de gagner plus que le Smic. »

Une bascule pour peser l’aliment et peut-être y incorporer des céréales
Une bascule est installée juste après les silos. Tout l’aliment est pesé précisément pour con- naître les quantités exactes consommées par les volailles. « Le but premier est de connaître le rapport eau/aliment ingéré qui doit être de 1,8. On s’est rendu compte qu’au démarrage avec des miettes on était proche de 2. Cela repré-sente une consommation d’eau supplémentaire de 5 litres/m2. Pour un retour à la normale il fau-drait une semoulette au démarrage plutôt que de la miette car au pas- sage au granulé on repas- se à 1,8 », constate l’éle- veur. Il pense aussi à l’avenir car en rajoutant simplement un silo cette bascule va lui permettre d’incorporer des céréales à l’aliment dès que ce sera possible.
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