Energies et environnement

Le climat breton au régime portugais ?

Dans un siècle, la température moyenne sur Terre aura augmenté d’au moins 2 °C. Dans un premier temps, les hivers seront pluvieux et les étés plus secs. Après…

« Plus on attend, plus les scénarios sont pessimistes ». Vincent Dubreuil, géographe à l’Université de Rennes 2, a présenté son livre*, commandé par les Régions du Grand Ouest, à l’assemblée générale de la Coordination rurale 56. À la fin du siècle, la température moyenne sur la Terre aura augmenté de +2,6°C à + 8,5°C. « La température, qui a déjà augmenté de 1°C à Rennes entre les années 1950 et 2000 va continuer de progresser au cours des trois prochaines décennies. Après, tout dépendra des mesures qui seront prises à l’échelle mondiale ».

Pour respecter un objectif proche de +2°C de réchauffement, il faudrait limiter les émissions d’ici à 2 100 à un total de 1 000 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, soit 20 ans d’émissions au rythme actuel… « Il faut donc baisser les émissions mondiales de 40 % à 70 % d’ici à 2050 (par rapport au niveau de 2010) et atteindre une économie quasiment neutre en carbone ensuite… ».

Maïs irrigué en Bretagne

« Globalement, il pleut plus en hiver et moins en été en Bretagne, même si la dernière période hivernale fait figure d’exception ». Le volume des précipitations ne devrait pas évoluer mais la répartition saisonnière sera différente. « Le climat breton pourrait, dans quelques années, ressembler au climat du nord du Portugal ».

La fréquence des sécheresses estivale va augmenter, selon le chercheur. « Les hêtres, qui sont répandus sur tout l’ouest de la France vont se cantonner aux hautes altitudes du nord de la France. Les dates de vendanges ont déjà avancé d’une quinzaine de jours en moyenne sur toute la surface du globe. De plus en plus précoces, elles s’exposent aux gelées tardives comme beaucoup d’autres plantes. À la fin du siècle, le blé pourrait également être exposé aux sécheresses dans nos régions. Il ne craint pas l’absence d’eau en été mais les périodes de pénurie de pluie devraient s’étendre au printemps. Quant au maïs, sans irrigation, il faudra l’oublier… ». L’objectif des 2°C d’augmentation seront difficiles à tenir.

« L’air sera plus chaud ; il y aura donc plus de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Cette vapeur d’eau est un gaz à effet de serre. Le risque d’emballement n’est pas à écarter. À + 2°C, l’adaptation est possible ; à 4-5°C d’augmentation, le monde sera invivable, pour diverses raisons ». Le chercheur refuse de céder au catastrophisme. Il reste pourtant peu de temps….

*Changement climatique dans l’Ouest – Évaluation, impacts, perceptions (Broché) par Philippe Mérot, Vincent Dubreuil, Daniel Delahaye, Philippe Desnos et d’autres collaborateurs.

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