Economie, marchés et gestion

Les médias jouent avec les peurs du consommateur

L’association Agriculteurs de Bretagne poursuit sa route de la communication positive et de la défense de l’agriculture régionale. Elle a tenu son assemblée générale au parc expo de Saint-Brieuc, mardi 21 mars.

Pour la 5e assemblée générale d’Agriculteurs de Bretagne, sa présidente Danielle Even et son équipe ont présenté un bilan annuel enthousiasmant : nombre d’adhérents, dont des entreprises bretonnes de différents secteurs, qui progresse, activité et budget en hausse, couleurs de l’association qui ont accompagné le tour du monde à la voile du bateau Idec Sport de Francis Joyon… Dans un environnement médiatique difficile, les responsables ont à nouveau invité chacun à « investir les réseaux sociaux avec des messages et témoignages chargés de sincérité et d’authenticité ».

Montrant l’exemple, Adeline Yon, éleveuse de Limousines à Trébry (22) qui a ouvert ses portes pour Tous à la ferme en juin 2016, a fait part de ses efforts réguliers pour « inonder Internet de vidéos afin de convaincre tout le monde que les agriculteurs aiment leurs animaux et font bien leur travail. Sans perdre son temps à s’intéresser aux associations qui nous font du mal car, de toute façon, elles ne nous écoutent pas. »

Préoccupation sur le bien-être animal

Temps fort de cette matinée Pascale Hébel, agronome et économiste spécialisée dans l’anticipation du comportement des consommateurs au Crédoc, a ensuite fait part des derniers résultats de ses travaux d’enquête en France. « Il n’y a jamais eu une telle défiance de la part du mangeur. Il y a un vrai jeu d’acteur de la part des consommateurs et des médias qui ne font que relayer leurs attentes », explique l’experte.

« Dans nos études, on constate notamment la montée de la préoccupation sur le bien-être animal qui vient des pays protestants du nord de l’Europe. » Elle note par ailleurs que les consommateurs continuent de faire confiance aux agriculteurs. « Cette tendance est même en progression sur les derniers bilans. » À côté de cela, la confiance dans les médias augmente également. « Avec les médias sociaux, le développement du monde digital, n’importe qui devient expert. Le consommateur est dans l’entre soi, il se retrouve dans une bulle, reçoit une information triée par Facebook par exemple. Chacun a moins accès à la controverse. »

Food bashing incessant

Pascale Hébel a souligné l’incessant « food bashing depuis 3 ou 4 ans avec des reportages conduits par une voix off  toujours à charge… On joue avec des peurs qui existent et cela marche : le marché du saumon d’élevage, par exemple, se casse la figure depuis 2013… »

Enfin, la spécialiste invite à considérer les tendances récentes. « Les plus jeunes ne pensent qu’à leur santé quand ils mangent. Et non plus au plaisir d’être ensemble. Pour les fruits, légumes et céréales, il n’y a qu’une inquiétude chez les sondés : les pesticides. Pour la viande, c’est plus contrasté, les peurs concernent les antibiotiques, le bien-être animal et les conditions d’élevage (une notion qui n’existait pas dans les enquêtes de 2009), les hormones… » Et de terminer : « En 2015, pour le consommateur, le produit idéal est bio, brut mais aussi local et français… »

Une marque portée et supportée
Chaque semaine, l’association reçoit des commandes de vêtements griffés Agriculteurs de Bretagne. L’entreprise A.P.A. à Plouvorn (29) a ainsi acheté 250 polos pour ses techniciens qui interviennent en dératisation et désinsectisation sur tous le Grand-Ouest dans les élevages. En 2017, une boutique en ligne va être lancée en partenariat avec le fabricant Armor Lux. « Une réflexion est également menée sur la production de vêtements de travail à notre effigie », a expliqué le coordinateur du projet Jean-Paul Le Métayer.
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