Politique et Syndicalisme

“Nous sommes là pour soigner les animaux”

Le bien-être animal est un sujet crucial qui préoccupe les éleveurs. Agriculteurs de Bretagne a choisi de développer ce thème lors d’un forum.

« Confrontés à la montée en puissance d’associations qui veulent éradiquer l’élevage, c’est à nous, agriculteurs et éleveurs, de parler du bien-être animal », introduit Danielle Éven, présidente d’Agriculteurs de Bretagne, lors d’un forum organisé sur le thème de la communication sur les élevages de la région.

Des associations reconnues d’utilité publique…

Le sujet du bien-être animal a « explosé dans la sphère publique en 2012 », se souvient Marie-Gabrielle Miossec, spécialiste du sujet. Certaines associations, comme OABA, ont pignon sur rue depuis de longues années. « Cette association créée en 1961, a milité pour l’introduction des matadors dans les abattoirs », pour limiter la souffrance animale lors de la mise à mort. « OABA travaille aussi contre l’abattage sans insensibilisation ». OABA, tout comme Welfarm, association dont l’antenne française est basée à Metz et qui œuvre notamment sur les sujets liés au transport, sont reconnus d’utilité publique.

Certaines de ces associations ne bénéficient pas du décret en conseil d’Etat qui reconnaît son utilité envers la population. « C’est le cas pour CIWF, L214 et 269 Life. Cette dernière joue sur la désobéissance civile », explique la spécialiste. « La concurrence débarque », ajoute Hervé Le Prince, de l’agence de communication Newsens, qui rappelle que « le Graal de ces associations est de parvenir à faire légiférer. Des ONG comme Greenpeace viennent sur les sujets de la viande à la cantine, trop abondante ».

Agriskippy a plus d’un tour dans sa poche

Antoine Thibault, éleveur laitier dans l’Eure, est plus connu sous le nom d’Agriskippy, grâce à de nombreuses publications sur les réseaux sociaux. Il bondit sur les sujets. « Nos élevages respectent les 5 libertés du bien être. Nous avons tous des téléphones pour poster des vidéos ». Ainsi, il explique aux internautes sur sa chaine You Tube le bien-être de ses animaux, le colostrum donné aux veaux sitôt leur naissance… « Je suis partisan de la transparence. Les cochons ou les vaches peuvent souffrir, nous sommes là pour les soigner », explique-t-il. Il arrive à l’éleveur de filmer une vache boiteuse, mais « je ne me contente pas de ces images comme le feraient d’autres associations. Je refilme l’animal quand il est guéri ». Les retours de vidéo sont très encourageants, « cela fait plaisir. Mais il y a aussi des gens haineux », déplore-t-il.

Maîtriser la communication

La vocation première d’Agriculteurs de Bretagne reste la communication positive. « Nous accompagnons les agriculteurs lors de manifestations comme des portes ouvertes. Les producteurs se rendent compte qu’il faut communiquer », estime Mathieu Simon, en charge de la communication dans l’association. Le festival des Vieilles Charrues est souvent cité comme exemple, avec la distribution de lait aux participants. « C’est l’occasion de montrer que les agriculteurs sont proches, de discuter ».

Yves-Marie Beaudet, aviculteur, n’exclut pas l’échange, car « les éleveurs ont besoin que l’interprofession donne une ligne directrice sur le modèle d’élevage de demain. Il faut aller plus loin vers la prochaine échéance, avoir un coup d’avance, quand on sait que l’amortissement de nos structures se fait sur 10 ans ». « Il ne faut pas laisser la parole à ceux qui ne font pas le métier », conclut Danielle Even. La balle est dans le camp des producteurs.

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