Les bénéfices de l’échange à la ferme

porc-bertrand-euzen - Illustration Les bénéfices de l’échange à la ferme

Parler de son métier en toute transparence. Un moyen pour Bertrand Euzen, éleveur à Commana (29), de reconquérir la confiance de ses voisins et des consommateurs.


Pour Bertrand Euzen, producteur de porc à Commana (29), parler du métier d’agriculteur le plus possible est un bon outil de communication pour obtenir de la reconnaissance et acquérir la confiance du grand public. C’est dans ce cadre qu’il a ouvert les portes de son exploitation à ses voisins et aux élus de son territoire, le 26 mai 2014.

Selon lui, ces actions sont d’autant plus faciles à mettre en œuvre que des investissements de modernisation ou d’équipement sont réalisés. Comme chez lui, après la mise en place de l’unité de traitement de l’azote et du phosphore par centrifugation et la construction du nouveau bâtiment pour rapatrier l’engraissement sur le site principal.

« On ne travaille pas comme des cochons »

L’agriculteur est souvent suspect au regard de l’opinion publique. « Alors quand on fait des efforts, cela vaut le coup de montrer ce que l’on fait, et le plus simplement, c’est d’ouvrir nos portes ». 300 personnes ont fait le déplacement. Et les personnes non issues du milieu agricole ont été étonnées par « la propreté des lieux, l’accent mis sur la qualité de la viande produite, l’absence d’odeur près du compost… Ils ont été aussi intrigués par les montants investis (167 000 € pour la station de traitement, 250 000 € pour l’extension du bâtiment). » Et oui, l’exploitation est avant tout une entreprise qui investit pour évoluer. « Il faut présenter le vrai visage de notre métier : nous sommes des chefs d’entreprise qui prenons des risques financiers, entre autres pour le respect de l’environnement et de la préservation de la qualité de l’eau en Bretagne. »

Un acteur économique du tissu local

Et les portes ouvertes sont aussi l’occasion de rencontrer les députés locaux pour leur rappeler les incohérences des réglementations ou les délais des procédures. Car le parcours est parfois difficile et semé d’embûches pour faire aboutir les projets. « Il a fallu, par exemple, 810 jours de paperasse pour 210 jours de travail par les artisans pour l’extension du bâtiment », déplore l’éleveur.

Les échanges nous font progresser

Cette action de communication durant laquelle Bertrand Euzen a démontré son engagement dans le respect de l’environnement et de la préservation de la qualité de l’eau en Bretagne lui a permis de décrocher le 1er prix du Challenge communication par Agriculteurs de Bretagne, pour la catégorie agriculteur. « La culture d’échange est une valeur à laquelle je crois beaucoup. Il ne faut pas avoir peur de montrer aux autres ce que l’on fait. La curiosité et la créativité à plusieurs nous font progresser. Et durant ces rencontres, c’est aussi l’occasion de communiquer entre nous agriculteurs », insiste-t-il.



Et de par ces investissements et les embauches de salariés en direct, l’entreprise agricole fait ainsi vivre tout un secteur économique de la région. Un point important pour Bertrand Euzen qui a embauché un second salarié l’année dernière : « Il est important de s’appuyer sur une équipe cohérente, se décharger et sortir de l’exploitation pour se former ou prendre des responsabilités. » Si le salariat n’apporte pas autant d’élasticité en temps du travail qu’une organisation entre associés, c’est néanmoins une nécessité pour « vivre à côté du travail ».

À trois personnes, l’organisation est plus facile même si le bilan est encore difficile à dresser, des travaux étant toujours en cours d’achèvement sur l’exploitation.
Et si Bertrand Euzen déplore l’absence d’un prix suffisamment rémunérateur, il reste optimiste : « Car c’est toujours en période de crise que les systèmes évoluent… »
Carole David



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