Economie, marchés et gestionFinistère

La production laitière au cœur des débats

La dernière session de la Chambre d’agriculture du département a mis l’accent sur la conjoncture difficile du secteur laitier, et fait un point sur deux années d’installation des jeunes. 

Le point sur la conjoncture laitière a longuement été abordé lors de la dernière session de la Chambre d’agriculture. « Nous constations une reprise des marchés beurre/poudre depuis l’été 2016, mais les stocks importants pèsent sur les prix. En Nouvelle-Zélande, le marché est peu dynamique, or c’est un pays qui tire généralement le marché export », introduit Jean-Hervé Caugant, élu, et qui pense « que le prix de base sera sans doute positionné autour de 315 € en France ». Face à ce constat, il présente des pistes pour optimiser le résultat disponible aux 1 000 L vendus, en collaboration avec Benoît Portier, du pôle herbivore.

Calculer sa DTA

Selon une étude menée en 2016, l’EBE moyen avant main-d’œuvre se situe « à 160 €/ 1 000 L. Cet EBE sert à couvrir les dépenses financières. Il a baissé de 40 € en 2016, les dépenses financières s’établissent alors à 72 € », chiffre Benoît Portier. La soustraction de ces dépenses à l’EBE donne le DTA (Disponible Travail-Autofinancement), objectif à atteindre qui finance les postes de main-d’œuvre et qui assure l’autofinancement de l’exploitation. « En déduisant la main-d’œuvre salariée de 15 € et les charges sociales de 19 € de cette DTA, le résultat disponible par UTH est de 54 €. En multipliant ce montant par 333 kL de lait produit/UTH, le résultat disponible moyen est de 17 980 € ».

L’étude s’est ensuite portée sur le tiers inférieur, à faible EBE avant main d’œuvre et fortes dépenses financières, comparée à une exploitation du tiers supérieur. « La réflexion ne se veut en aucun cas donneuse de leçons, elle permet à chacun de savoir où il se situe », indique Jean-Hervé Caugant. Quand le tiers inférieur affiche une DTA de 34 €, le tiers supérieur est à 143 €, soit une différence de 109 €. « Un écart conséquent sur le disponible pour des structures comparables, avec des différences de résistances aux variations de con-
joncture », résume Benoît Portier, pour un prix du lait payé au producteur de 315 €. « À 34 € de DTA, l’exploitant ne peut plus prélever de revenus ». Ces fortes disparités entre exploitations amènent à des manques de plusieurs dizaines de milliers d’euros par an, c’est pourquoi « il faut faire la chasse aux gaspillage, sur les frais vétérinaires par vache ou les coûts alimentaires. Sur une production de 500 000 L, ce sont des sommes conséquentes qu’il faut aller chercher ».

Un suivi des jeunes installés

Autre thème présenté lors de cette session, le point sur l’installation de 80 jeunes entre décembre 2013 et avril 2015. « Un tiers a une activité de production laitière. 12,5 % sont en porcs, ou en légumes, 10 % sont en volaille. Le reste concerne le maraîchage ou d’autres activités comme la production de cidre, de miel, d’élevage équin ou caprin », explique Dominique Prigent, en charge des dossiers installation à la Chambre d’agriculture du Finistère. Ces jeunes agriculteurs estiment à plus de 56 % que la maitrise technique est bonne, et que les investissements sont conformes aux objectifs (pour 62 %).

Des jeunes satisfaits de leur qualité de vie (55 %), mais 36 % n’ont pas atteint le revenu escompté. « La moitié de cette catégorie concerne des fermes pratiquant de la vente directe », précise la conseillère. Pour le président du syndicat des Jeunes Agriculteurs Stéphane Cornec, « le dossier doit être pris dans le bon sens, car les installations fragiles n’intègrent pas l’humain dans le projet. Il faut bien réfléchir à la main-d’œuvre disponible ou potentiellement disponible », pense le responsable, pour ne pas être noyé dans le travail dès les premières années.

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