Élevage

« Mes vaches ont-elles vraiment une ration à volonté ? »

Une ration efficace commence par la distribution de fourrages à volonté, répètent les experts. Cela limite, entre autres, la compétition entre les vaches.

On parle souvent de l’importance de proposer au troupeau une alimentation « à volonté ». Mais derrière cette notion qui paraît simple, quelques principes sont à respecter. « Une ration à volonté dépend, bien sûr, d’abord de la quantité distribuée », rappelle Johann Cariou, responsable technique nutrition et génisses à BCEL Ouest. Pour s’évaluer sur ce point, l’éleveur doit observer ce qu’il reste au final dans l’auge. Les traditionnels « refus ». Mais la bonne question à se poser est de savoir si ce reliquat est « consommable ou pas ».

Gare à la compétition

Cette notion d’alimentation à volonté devient encore plus délicate quand il n’y a pas une place à l’auge par tête. Dans un tel contexte de « surpopulation », la compétition entre les animaux bat son plein. Les dominantes s’installent les premières à la cantine et trient le meilleur, le plus riche, le plus tendre et le plus appétent : betterave, concentrés… Les dominées passent ensuite et découvrent un plat appauvri et plus fibreux. Les premières risquent « la déviation fermentaire » liée à un régime déséquilibré, ou encore d’engraisser. Les secondes d’être tout simplement sous-alimentées, de souffrir de cétose, de maigrir.

A l’arrivée, performances de production et de reproduction risquent d’en pâtir. Des boiteries peuvent apparaître. Sans oublier que, « quand il existe une situation de compétition pour l’accès à la ration de base, il arrive qu’une auge mal réglée soit à l’origine de blessure. Les animaux rationnés vont pousser sur les barres pour aller le plus loin possible chercher leur nourriture. »

Avoir le temps d’ingérer

Pour limiter le problème, Johann Cariou donne un repère : « Avec 110 % de saturation du nombre vaches dans la stabulation par rapport aux places à l’auge, il est recommandé de distribuer 2 à 3 kg brut de surplus consommable par tête par jour. Ce qui signifie que pour 100 vaches, l’éleveur doit ramasser au quotidien 200 à 300 kg de reliquat. »

Quant à repousser régulièrement la ration, le conseiller juge que c’est une bonne idée pour s’assurer de l’accès permanent des animaux aux fourrages et de les stimuler. « Mais peut-être pas trop souvent dans la journée quand même car il ne faut pas oublier qu’une vache efficace est surtout une vache couchée qui fabrique son lait après son repas. » Dernière remarque pour conclure : « Pour les troupeaux qui sortent en prairie en complément d’une ration de base distribuée au bâtiment, « à volonté » est aussi synonyme d’un temps d’accès suffisant d’accès à l’auge pour ingérer. »

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