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1 année de stock de maïs ensilage en 1 journée

Le chantier de récolte et de stockage conditionnera l’alimentation du troupeau pour toute l’année à venir. La bonne conservation doit permettre de préserver la qualité du fourrage. Rappel des critères clefs de réussite.

Pour une bonne conservation du maïs, l’élément majeur reste la maturité de la plante. Il faut viser une matière sèche (MS) plante entière entre 32 et 35 %. En dessous de ces valeurs, outre le déficit de rendement, la conservation du fourrage sera plus compliquée (tas qui coule) et la teneur en amidon du fourrage sera plus faible. L’utilisation d’un conservateur peut contribuer à améliorer la conservation. Au-delà de 35 % de MS, le tassement du tas sera plus difficile et les grains, plus durs, devront être correctement éclatés.

Yannick et Emmanuel Le Bars, de Plouha, entourant leur technicien production végétale, Ludovic Pouline
Yannick et Emmanuel Le Bars, de Plouha, entourant leur technicien production végétale, Ludovic Pouline

Finesse de hachage et éclatement du grain

La finesse du hachage et l’éclatement du grain sont  2 critères à corréler au taux de MS de la plante et à ajuster en fonction du matériel de reprise. Pour des MS inférieures à 31 %, la longueur des fibres doit être comprise entre 11 à 14 mm. Plus le taux de MS augmente, plus la longueur diminue : pour un taux de 37  %, par exemple, elle doit mesurer de 9 à 11 mm. Si la reprise est effectuée avec un outil défibrant le maïs (fraise, mélangeuse-recycleuse, …), la longueur des brins peut être augmentée d’environ 2 à 4 mm.

En ce qui concerne l’éclatement du grain, plus le taux de MS est élevé et plus il faut être vigilant à la qualité éclatement. Un grain non éclaté ne sera pas valorisé par les animaux et se retrouvera directement dans les bouses. C’est pourquoi, un affûtage régulier des couteaux favorise une bonne qualité du fourrage par une coupe nette.

Tassage : objectif fermeté

Une fois arrivé au silo, le maïs doit être tassé à une densité minimale de 225 kg/m3. Plus le tassement est important et plus la fermentation anaérobie commencera rapidement. Les débits de chantier et de tassement doivent être cohérents. Il faut compter 1 tasseur pour 4 rangs récoltés, soit 2 tasseurs pour une ensileuse de 8 rangs. Le poids de l’engin ainsi que la largeur et la pression de ses pneus peuvent permettre de gagner en efficacité de tassement.

Couverture : objectif étanchéité

Tout comme le tassement, une bonne couverture du silo est nécessaire pour un démarrage rapide de la fermentation. Pour une efficacité maximale, cette couverture doit être double. Une première bâche dite « sous couche » d’une faible épaisseur (40 microns) va permettre l’élimination rapide de l’air par un bon contact avec le fourrage. La seconde, beaucoup plus épaisse, assure une protection climatique et amplifie l’étanchéité. Cette dernière doit être de bonne qualité, type Qualistar, avec un Dart-test élevé (mini 400 g) et une résine performante pour une protection optimale. L’utilisation de films haut de gamme 2 en 1, type O2Barrier, permet de dérouler les 2 bâches simultanément.

Par ailleurs, la pose d’une bâche sur les murs permet d’améliorer l’étanchéité du silo tout en réduisant les diverses pertes par moisissure souvent présente à ces endroits. De même, l’utilisation des sacs de lestage combinés à une grille de protection va permettre la bonne tenue de la bâche et conditionner la préservation de l’ensilage pour l’année. Enfin, avant d’entamer le silo de fourrage, une période de transition de 3 semaines est idéale pour bien laisser les fermentations s’effectuer.

Il est important de ne pas négliger la confection de son silo pour ne pas gâcher le travail des sept derniers mois (des préparations de sol à la récolte). Bien confectionner son silo c’est offrir un fourrage de qualité à son troupeau, pour les 12 prochains mois.

Triojumbosyl : plus de longueur pour moins d’efforts ?

bacheDepuis 2 ans, Triskalia commercialise des bobines de 200 m de film ensilage. Pour le Gaec Le Bars, à Plouha, le gros avantage de ce type de bobine est la facilité d’utilisation. En effet, il n’y a plus de bobines à porter. La seule contrainte est que ce système nécessite des silos de largeur identique. Sur cette exploitation, la bobine est suffisante pour assurer les deux chantiers d’ensilage de l’année : elle permet la couverture du maïs et celle de l’ensilage d’herbe.

Pierre Cougard

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