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Les bonnes questions sur la fertilisation

La nutrition azotée des céréales, suivant son positionnement, a des conséquences sur la plante. Réponses à trois idées reçues sur la fertilisation.

La semaine dernière, 40 % des blés avait atteint le stade dernière feuille pointante sur la zone couverte par le bulletin de santé du végétal. Arvalis – Institut du végétal répond sur des questions touchant l’échaudage, la verse, le rendement et les teneurs en protéines de cette céréale.

Les apports tardifs font échauder ?

Réponse

Dans les essais conduits dans les argilo-calcaires séchants de Charente-Maritime, on compare en culture non irriguée une modalité recevant un dernier apport d’azote entre épi 1 cm et 1 nœud à une autre recevant un report de 40 à 50 kg N/ha au stade dernière feuille étalée. Les doses totales apportées sont identiques. Sur 5 années expérimentales où l’on dispose d’une à 3 comparaisons par an, l’effet de l’apport tardif est légèrement positif sur le rendement (+ 2 q/ha non significatif).

L’impact sur le PMG dans ces mêmes situations est neutre en moyenne. Dans 2 cas seulement on observe une légère diminution du PMG. Celle-ci peut être mise en relation avec un accroissement significatif du nombre de grains/m2. La légère baisse de PMG est, dans ces deux situations, liée à un effet de compensation des composantes et non à un effet d’échaudage qui se traduirait par une chute simultanée du PMG et du rendement.

Les apports tardifs font verser

Réponse

Le risque agronomique de verse est déterminé très tôt, dès la mise en place du nombre de tiges/ m2 (tallage/début montaison). Les apports tardifs, réalisés entre 2 nœuds et gonflement vont surtout servir à alimenter les organes proches de l’épi et l’épi lui-même. Ils n’ont aucune influence sur le nombre de tiges et sur la longueur des entre-nœuds facteurs responsables de la verse. Pour une même quantité totale d’azote apportée, le report d’une partie significative de la dose d’azote en fin de montaison, peut permettre de réduire le risque de verse en diminuant d’autant la quantité d’azote apportée précocement.

apport-engrais-rendement

Jusqu’à dernière feuille étalée, l’azote apporté est valorisé en quintaux et en protéines

Réponse

Il est possible de corriger une carence en azote jusqu’à la fin de la montaison des céréales. L’efficience de l’azote est meilleure lorsque l’engrais est apporté durant la montée à épi plutôt qu’au tallage. À dose totale identique, comparé à une fertilisation apportée uniquement en sortie d’hiver, le bénéfice d’un dernier apport entre 2 nœuds et dernière feuille étalée est en moyenne de +2 à +3 q/ha et +0,2 à +0,3 % de protéines. Apporter de l’azote au cours de la montaison permet d’accompagner la croissance de la culture, en phase avec ses besoins.

En effet, ceux-ci sont soutenus durant toute la montaison. L’efficience de l’engrais azoté est maximale à cette période. Jusqu’à gonflement, on gagne à la fois en rendement et en protéines : les essais révèlent la capacité de la céréale à valoriser un apport d’azote jusqu’à gonflement (lorsque l’épi commence à sortir de la gaine). Après épiaison, en conditions favorables, la culture continue d’absorber de l’azote.

La réponse à un apport d’engrais se traduit par une augmentation de la teneur en protéines des grains. Le rendement ne progresse plus, les composantes de rendement impactées par l’azote- nombre d’épis et nombre de grains- étant fixées.

*PMG : Poids mille grains.

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