Fourrage : de la qualité avec un ensilage précoce

 - Illustration Fourrage : de la qualité avec un ensilage précoce
Privilégier la qualité à la quantité ne dégrade pas forcément la quantité de fourrage produit à l’hectare. Ce sont les premiers résultats des essais d’ensilages précoces réalisés à Trévarez (29) et à Mauron (56).

La fauche de l’herbe réside toujours à trouver un bon compromis entre l’énergie et l’azote. Et la volonté de stocker du volume pour la saison hivernale à venir induit souvent à décaler de trop la date de la récolte, au détriment de la valeur alimentaire du fourrage. Un mauvais calcul semble-t-il. D’autant plus que, pour augmenter l’autonomie protéique dans les exploitations laitières, et pour corriger plus facilement les rations à base d’ensilage de maïs, il faut viser un ensilage d’herbe supérieur à 16 % de MAT… Pourtant, ces objectifs sont atteignables avec une fauche précoce, au stade début montaison, comme le montrent les essais menés à la station expérimentale de Mauron (56) et de Trévarez (29), dans le cadre du Pôle agronomique Ouest, depuis 2014.

Plus d’énergie, plus de protéines

Dans les deux cas, une fauche précoce est comparée à une parcelle témoin, récoltée au stade début épiaison. Avec du RGH en première année d’exploitation, à Mauron, une fauche du 19 mars en 2014 a permis de récolter un fourrage à 1 UFL et 19 % de MAT, des valeurs qui sont descendues à 0,89 UFL/kg MS et 13,3 % de MAT avec une fauche 3 semaines plus tard. Même tendance avec du RGH-TV à Trévarez, en seconde année d’exploitation de la prairie.

« Dans tous les cas, avec une conduite fauche précoce, sur l’ensemble des récoltes, ce sont 6 points de MAT de gagnés et une valeur énergétique du fourrage supérieure à 0,9 UFL/kg MS », insiste Françoise Guillois, conseiller fourrage à la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. Ces résultats, d’autant plus marqués sur les deux premiers cycles de fauche, sont confirmés sur les récoltes 2015 à Mauron. Sur l’année 2014, des écarts de rendements de 10 à 15 % ont été constatés, respectivement en RGH-TV et RGH, à la faveur du témoin.

Le volume compensé par plus de fauches

Les résultats diffèrent selon  les modalités de l’essai : la baisse de rendement est minimisée lors de l’association RGH-TV. Au printemps, le RGH démarre plus vite. Le trèfle violet se met en place en mai, avec l’arrivée de températures plus douces. Ce dernier prend alors le relais sur la graminée et compense la baisse de volume. Et l’effet biomasse est rattrapé avec plus de coupes : les fauches sont réalisées toutes les 4-5 semaines en condition précoce, alors que la fauche au stade épiaison ne permet que 2 ou 3 coupes à suivre. La perte de rendement a été plus marquée à Mauron pour cette deuxième année d’essais. Ces tendances seront à confirmer de nouveau en 2016.

Un gain de 2 400 € en coût alimentaire

Des simulations d’Eilyps montrent l’impact économique de cette qualité d’ensilage, pour une ration basée sur 29 kg de lait (niveau d’étable de 9 000 kg), avec 11 kg de mais ensilage et 5 kg d’ensilage d’herbe. Un bon ensilage d’herbe RGA-TB (MAT à 0,89 UFL et 16 % MAT), comparé à un ensilage récolté à un stade avancé (0,80 UFL et 11,5 % MAT), permet d’économiser 0,5 kg de correcteur azoté/VL/j et de limiter la complémentation individuelle à 1,5 kg en moyenne, contre 2,5 kg avec un ensilage moins riche. Soit pour un troupeau de 75 VL, pendant les 100 jours d’hiver (et 200 000 litres de lait livrés), un écart de 2 400 € de coût alimentaire.


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