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Le robot Oz désherbe les cultures de Kerplouz

Un condensé de technologie dans les légumes de la station expérimentale d’Auray. C’est ce qu’ont pu voir les maraîchers présents lors de la présentation des essais en bio et en conventionnel, mardi dernier.

Les maraîchers ont probablement trouvé un bon compagnon pour améliorer leurs conditions de travail. Ils appréhenderont un peu moins les désherbages et les traitements sous abris, en espace clos. Le robot Oz assure une partie des travaux de maraîchage. Il bine, laboure, traite, grâce aux équipements qu’on lui attèle (socs patte d’oie, griffes, herses étrille, brosses…) , se repère entre les rangs de légumes grâce à ses lasers et ses caméras, et communique même avec le maraîcher, via sms, pour lui indiquer une alerte ou la fin du chantier.

Aides à l’investissement

Né dans les têtes de deux chercheurs toulousains, il pourrait conquérir le cœur des maraîchers, à condition toutefois d’avoir un porte-feuille bien garni. Le petit automate de 40 cm de large et de 70 cm de long, juché sur ses 4 roues motrices, coûte quand même 21 000 € ; prix de base. Les producteurs conventionnels peuvent espérer 25 % de subventions. Les bios, 40 % environ. « L’amortissement dépend de ce que le producteur va pouvoir réaliser pendant les heures dégagées grâce à l’appareil », indique Philippe Michard, distributeur du robot. En dessous de 2 hectares, inutile de rêver… mais au-delà, un calcul s’impose. Dopé à l’énergie électrique, Oz possède 4 heures d’autonomie. Si son prix est élevé, sa consommation est faible : moins d’un euro par hectare.

Le robot analyse les couleurs et les formes qui l’entourent
Le robot analyse les couleurs et les formes qui l’entourent pour se diriger. Le terrain doit être plan avec 2 mètres de dégagement pour un demi-tour en bout de planche.

Des limites

Le robot peut atteindre 2 kilomètres à l’heure, en mode binage. Il peut être conduit par télécommande manuelle ou programmé à une vitesse déterminée. Il peut également suivre son producteur pour les plantations ou les récoltes, par exemple, en lui épargnant les charges lourdes (90 kg de charge ou 300 kg en traction). En toute sécurité. Il s’arrête quand son maître s’arrête et s’il n’en fait qu ‘à sa tête, des barreaux disjoncteurs, placés aux extrémités, le ramènent rapidement à la raison. De quoi en faire l’outil idéal ? Pas tout à fait quand même. « Les finitions, lors des désherbages, resteront à faire manuellement », tempère Philippe Michard. Il est efficace en inter-rangs mais ne peut pas être muni de doigts Kress en raison de son manque de vitesse pour nettoyer le rang. Il ne peut pas non plus travailler les planches nantaises. Qu’à cela ne tienne. Les inventeurs ont déjà imaginé le grand frère d’Oz. Un robot « enjambeur », de 700 kg, capable de compléter la panoplie des travaux à réaliser sur une ferme maraîchère. De plus grande taille… Bernard Laurent

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