DossiersEnergies et environnement

Penser à la maintenance en photovoltaïque

Apepha : Une association dynamique qui accompagne les énergiculteurs

Interview de Pascal Chaussec, agriculteur à Edern (29), producteur d’énergie photovoltaïque et président de l’Apepha (Agriculteurs producteurs d’électricité photovoltaïque associés).

L’Apepha a été créée par des agriculteurs. Où en est l’association aujourd’hui ?

L’association a été créée en septembre 2010 afin de réunir les différents groupes de travail éparpillés un peu partout en France. À la base, c’est un groupe de 10 à 15 agriculteurs producteurs d’énergie photovoltaïque qui voulaient croiser leurs informations dans le but de créer des références. Aujourd’hui, nous sommes 300 adhérents en France, dont 200 se trouvent en Bretagne et nous avons l’objectif de passer rapidement à 500 adhérents. Il était très important d’avoir des producteurs avec des convictions fortes et de l’expérience pour permettre de lever les doutes des porteurs de projet sur les aspects techniques et les compétences des entreprises. Il fallait absolument que l’on réussisse à se structurer pour que ce soit durable et que l’on ait des moyens d’agir. L’association répond aux besoins des agriculteurs (qui représentent 90 % des adhérents) et des entreprises ayant une installation photovoltaïque ou un projet futur.

Pascal Chaussec, président de l’Apepha.
Pascal Chaussec, président de l’Apepha.

Qu’apporte exactement l’association à ses adhérents ?

Nous répondons essentiellement aux questions techniques. D’ailleurs, je suis abasourdi de voir que certaines installations photovoltaïques ne sont pas du tout entretenues alors que c’est l’activité la plus rentable à l’heure sur une exploitation. Certains producteurs délaissent l’entretien, la maintenance et le suivi de production de leur installation. Nous voulons sensibiliser les adhérents sur l’importance de la maintenance. Une salle de traite ou une machine à soupe qui travaille tous les jours va avoir une visite de maintenance au moins une fois par an.

Ça doit être la même chose pour l’installation photovoltaïque. Sur le site internet de l’association, nous avons une partie dédiée au suivi de production. Chaque adhérent y enregistre ses données de production. Tous les ans,  chaque participant édite un dossier analytique. Cela permet de situer sa production par rapport aux autres producteurs et aux installations voisines. Grâce à ces données collectées, nous réalisons un travail d’analyse et d’expertise des différents matériels et concepts de pose. Chez certains, ce suivi a permis de détecter des problèmes techniques sur l’installation qui impactaient le rendement parfois jusqu’à 20 %. Nous avons ensuite mandaté un expert pour trouver une solution chez ces producteurs.

Comment les cotisations sont-elles utilisées ?

Les adhérents reçoivent une lettre d’information bimestrielle sur l’essentiel de l’actualité photovoltaïque. Tous les ans, l’Apepha organise des réunions d’information techniques sur le terrain pour répondre aux attentes des adhérents sur les problématiques de l’activité photovoltaïque. Nous réalisons également des formations ponctuelles sur des thèmes précis. Dernièrement, c’était sur la préparation de nouveaux projets avec trois points précis : simulations de rentabilité, comment participer à des appels d’offres et quels sont les points de vigilance pour analyser des devis.

Les cotisations des adhérents permettent aussi de mutualiser des investigations d’experts sur des problématiques techniques, juridiques, d’assurance, administratives… Nous venons de recevoir la commande d’une analyse juridique de notre avocat concernant le risque du montage d’installations en série (beaucoup de cas différents qui risquent une annulation de contrats). À un moment ou un autre, nos adhérents profitent de ces différentes investigations. L’Apepha travaille de manière transversale avec d’autres acteurs de la filière, nous venons de boucler une charte qualité en commun avec le GIE Bretagne élevage, la chambre régionale d’agriculture et Groupama. C’est un document de référence indispensable pour sécuriser les nouveaux projets.

Les porteurs de projet et les personnes ayant déjà investi ont souvent des problèmes avec EDF. Avez-vous des solutions ?
Nous avons des relations privilégiées et constructives avec EDF. Nous avons la chance d’avoir un interlocuteur direct qui nous apporte des réponses rapides et fiables à toutes nos questions. C’est une raison de plus d’adhérer à l’association. Toute production, surtout si elle est nouvelle, a  besoin d’une organisation collective pour être représentée et sécuriser son avenir. Propos recueillis par Nicolas Goualan

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