Economie, marchés et gestionMorbihan

Solidarité Paysans suit 39 fermes en difficulté

L’association poursuit son appui aux agriculteurs en difficulté financière. Un soutien technique, économique et humain qui a permis à Yann Jouillat de poursuivre son métier d’éleveur dans de bonnes conditions.

Installé en 2005 sur une exploitation de 80 hectares, avec 500 brebis, à Melrand, Yann Jouillat s’est retrouvé 4 ans plus tard en difficulté sur le plan économique. « La structure était trop importante et je n’avais pas assez d’expérience au niveau technique », explique l’éleveur aux bénévoles de l’association, réunis sur sa ferme pour une opération de communication. « Après des échanges insatisfaisants avec divers organismes, j’ai contacté Solidarité Paysans. Ils m’ont mis en contact avec un bénévole de l’association qui connaissait l’élevage de moutons ». Gilles Auffret, le bénévole sollicité, acquiesce : « Yann s’est installé dans de mauvaises conditions. Il suivait un modèle de production qui ne correspondait pas à ses aspirations. Une poursuite de l’activité semblait néanmoins possible. Les moyens étaient là ». Un plan de redressement judiciaire a été envisagé, avec évolution de la production. Le suivi de l’association a servi de caution technique pour l’adoption de ce plan d’une quinzaine d’années. Aujourd’hui, 150 brebis laitières ont remplacé les 500 brebis de race à viande et côtoient un troupeau de 37 vaches allaitantes. Le tout en conversion à l’agriculture biologique pour une meilleure valorisation des produits. Sa compagne s’est installée avec lui et la ferme retrouve une rentabilité qui lui permet de faire face aux échéances du plan de redressement. « L’intervention de Solidarité Paysans a été capitale. Au niveau technique, mais aussi au niveau humain. Je me suis senti soutenu », reprend l’éleveur. Les 11 années restantes du plan de redressement ne l’empêchent d’envisager l’avenir avec sérénité.

L’aspect humain avant les chiffres

Marie-Évelyne Duval a également témoigné des difficultés qu’elle et son mari ont connues sur leur élevage de 170 truies en label rouge. Elle a surtout évoqué le soutien qu’ils ont reçu de Solidarité Paysans. « Même si nous n’avons pas pu sauver l’entreprise (liquidation judiciaire en 2013), c’est l’association qui nous a donné les meilleures informations. Quand les autres organismes ne nous parlaient que de chiffres et de ventes, les bénévoles de Solidarité Paysans prenaient en compte l’aspect humain ». Un aspect humain très important chez des personnes en situation d’échec et qui craignent le regard des autres. Marie-Évelyne est aujourd’hui enseignante et son mari sort de plusieurs mois difficiles sur le plan psychologique. Les bénévoles ne sont pas les seuls à intervenir. Sur certains dossiers, délicats au niveau relationnel, l’association est épaulée par un psychologue. Bernard Laurent

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