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Exploitation porcine : Sébastien a su séduire les cédants Annie et Gilbert

À l’occasion de la Semaine du renouvellement, Jeunes Agriculteurs des Côtes d’Armor a mis un coup de projecteur sur l’expérience de Sébastien Ballan qui a repris l’exploitation d’Annie et Gilbert Glâtre en 2012.

À l’occasion de leur traditionnelle Semaine du renouvellement des générations en agriculture, les Jeunes Agriculteurs des Côtes d’Armor faisaient étape chez Sébastien Ballan. Ce jeune producteur de porc s’est installé le 24 mai 2012 en reprenant l’exploitation d’Annie et Gilbert Glâtre à Plénée-Jugon. Ces derniers avaient anticipé la cession de leur exploitation « en réalisant notamment une partie des mises aux normes. »

Nous avons dû choisir entre trois candidatures

Au départ, « trois jeunes ont monté un dossier de reprise de notre atelier », raconte Annie Glâtre. « On se disait que le passage devant les organismes financeurs ferait le tri… Mais les banques étaient prêtes à suivre tous les candidats… » Alors, reprend Gilbert Glâtre, heureux de revenir témoigner sur l’exploitation pour ce rendez-vous, « nous avons dû faire quelque chose qu’on n’aime pas forcément : choisir. » L’élu fut finalement Sébastien, fils de producteur de porc, qui avait décidé de se lancer hors-cadre familial. « Il correspondait vraiment au type de repreneur que nous espérions. C’était le plus jeune mais celui qui nous ressemblait le plus. Sa grande motivation nous a séduits », lâchent les cédants. Motivation… Sébastien Ballan, lui, parle « même de passion. J’ai cette chance d’en avoir fait mon métier. Alors que par exemple, la plupart des personnes passionnées par le foot ne seront jamais footballeurs. »

D’une génération à l’autre, à en juger les avis des deux parties, le passage de témoin s’est fait en douceur et en bonne intelligence grâce à un dispositif de « parrainage » ou contrat de pré-installation (CPI).

« L’Accre de Pôle Emploi presqu’équivalente à ma DJA »

« Ce dispositif est presque un passage obligé pour reprendre un élevage où on n’a jamais travaillé auparavant », s’accordent-ils tous les trois à dire. C’est un cadre très sécurisant : « Il n’y a pas de charge de salaire pour le cédant puisque le repreneur reste dans le circuit Pôle Emploi. Il n’a aucune obligation, dispose de son temps qu’il peut aménager comme il l’entend pour des rendez-vous avec les banques ou d’autres partenaires », explique le retraité. D’autant que cela permet également aux « demandeurs d’emploi d’accéder à des aides à la création ou à la reprise d’entreprise (Accre) qui peuvent être un véritable coup de pouce au départ », ajoute Stéphane Guillebot, de la Safer Bretagne. Pour Sébastien, cette subvention  était « quasiment l’équivalent de la DJA, avec des exigences minimes par rapport à la lourdeur des papiers de la Dotation. » Venait aussi s’ajouter 6 000 € d’aides à l’installation accordés par la municipalité de Plénée-Jugon et la Communauté de communes.

« 3 mois de parrainage en porc, 6 mois en lait »

Pour Annie, Gilbert et Sébastien, la période de tuilage du CPI aura duré 3 mois. « Suffisant pour tout comprendre », pense Annie. Gilbert, qui aime transmettre, l’a jugée « trop courte ». Peut-être trop courte « parce que ça s’est bien passé. » Avec le recul, Stéphane Guillebot, de la Safer Bretagne, conseille « 3 mois en production porcine, mais 6 mois en production laitière où les cycles animaux sont plus longs.  »

Discuter avec le cédant pour maîtriser tout l’environnement

Pour le cédant, lors du parrainage, « quand le repreneur est sur l’élevage, il peut se diriger vers les postes où il veut progresser » pour profiter au maximum de l’expérience du cédant à portée de main. « Quand on s’installe en porc, savoir manier la calculatrice est une bonne base », rebondit Sébastien. « Mais pour ce qui est du fonctionnement de la machine à soupe, des commandes de la ventilation, de la connaissance des tracés des circuits électriques ou d’eau ou même de la conduite du cheptel dans les bâtiments… Rien ne vaut le temps passé avec le cédant. » Tous soulignent aussi l’importance de profiter de temps pour « prendre contact avec les fournisseurs et les partenaires » de l’atelier pour être le plus opérationnel possible dès le jour où on reprend les rênes. Le jeune éleveur ajoute : « Pendant la durée du CPI, on passe beaucoup de temps à discuter, à échanger des parcelles, du voisinage, de tout ce qui fait l’environnement de l’élevage et qu’il faut aussi bien connaître. » Toma Dagorn

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