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Créer une filière bretonne de méthanisation

Les unités de méthanisation se développent petit à petit dans le département, comme au Gaec du Millier à Beuzec-Cap-Sizun où le système sera opérationnel en juin prochain.

« L’objectif d’installation de méthaniseurs est fixé entre 25 à 30 projets par ans. Nous devons nous donner les moyens de devenir la première région de méthanisation en France », introduit Michel Morin, vice-président en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Conseil régional de Bretagne, lors de la visite de la future installation au Gaec du Millier à Beuzec-Cap-Sizun. Le Con-seil régional croit en effet à ce mode de production d’énergie et subventionne les installations.

Près de 8 millions de tonnes

La grande question de la gestion des effluents d’élevage peut trouver une solution dans la méthanisation. « Le gisement d’effluents d’origine agricole est estimé à 8 millions de tonnes sur le département. Sans concurrencer d’autre filières de traitement de déchets, la méthanisation est une solution au remplacement d’apport d’azote sous forme minérale », explique Armelle Huruguen, élue au Conseil général et membre de la commission territoire et environnement. Avec un tel gisement disponible, la région semble bien placée dans la course aux installations de méthaniseurs, tout en sachant que « les licences et le savoir-faire sont bien souvent allemand » selon Michel Morin. André Sergent, membre du Gaec, a choisi une solution plus locale pour finaliser son projet.

Moteur brestois

Le choix de partenaires régionaux coule de source pour l’éleveur beuzécois. « C’est une installation qui demande beaucoup de maintenance, notamment pour la partie moteur qui est le poumon du système. J’ai donc choisi de travailler avec la société Maiveo qui offre aux porteurs de projet l’opportunité de choisir et d’associer les installateurs de proximité », décrit-il. La partie motorisation proviendra de chez SDMO, entreprise basée à Brest et spécialisée dans la fabrication de centrales de production d’énergie.

Alimenté par les matières organiques issues de l’élevage, les refus de fourrage et les couverts végétaux, la station de méthanisation chauffera les bâtiments porcins de l’exploitation. « La chaleur disponible pendant la période estivale servira à alimenter les moulins locaux en blé noir ou par d’autres céréales, avec la mise en place d’une unité de séchage », précise André Sergent. Production de gaz, de chaleur, de digestat tout en alimentant l’économie locale avec le séchage de céréales : le terme d’économie circulaire utilisé par Michel Morin se justifie pleinement. Fanch Paranthoën

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