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Micro méthanisation pour exploitations laitières

Daniel Arzur, producteur de lait à Plouvien, est venu témoigner de visites d’élevages belges et français équipés en micros stations de méthanisation.

Pour se rendre compte de la réalité et de la faisabilité d’un projet de micro méthanisation, rien de tel que des visites terrains chez des producteurs. Daniel Arzur, producteur de lait et de porcs à Plouvien, est allé à la rencontre de laitiers belges et français pour vérifier la compatibilité d’une unité de production avec le système breton. « Derrière micro méthanisation, il faut entendre système produisant moins de 40 kW. Peu de constructeurs sont présents sur le marché, mais les installations existantes nous paraissent sé- duisantes », explique Hervé Gorius, conseiller énergie à la Chambre d’agriculture et qui coordonne le volet méthanisation.

Pour les éleveurs intéressés, des évolutions importantes vont aboutir en juin, avec notamment « un tarif de rachat de 22,5 centimes par kWh produit si au moins 60 % des effluents sont traités par l’unité, ainsi qu’une déconnection entre la production de chaleur et d’électricité : il n’y aura plus d’exigence de valorisation de la chaleur ».

Lisier frais obligatoire

Pour fonctionner, les digesteurs de chez Bioelectric, fabricant belge, sont approvisionnés par du lisier frais. « C’est important pour le rendement du système. La petite taille du digesteur et la pompe d’alimentation obligent à avoir une matière première non solide. Avec un temps de séjour estimé à 20 jours, les pailles n’auraient pas le temps de se dégrader », note Hervé Gorius. Le raclage des bâtiments est donc un critère important à prendre en compte, avec un lisier composé au maximum de 11 % de matières sèches. Une analyse des lisiers est indispensable en avant-projet, « pour connaître le pouvoir méthanogène de la matière. L’effluent produira le biogaz, donc le revenu », ajoute le conseiller.

Après un premier projet de méthanisation collectif abandonné, Daniel Arzur réfléchit aujourd’hui à l’installation de ces petites stations. « La première analyse de lisier n’était pas bonne, à cause de l’utilisation de chaux vive sur les logettes. J’ai changé mes pratiques pour avoir des teneurs correctes. La micro méthanisation m’intéresse aussi car, avec une centaine de vaches laitières, j’ai suffisamment de matières premières à disposition, sans avoir à aller chercher des matières méthanogènes à l’extérieur ». Pour une puissance de 33 kW, 12 m3 de lisier frais sont nécessaires pour alimenter l’ensemble.

Le Belge auto consomme

Lors de son périple à l’étranger, le producteur finistérien a pu se rendre compte de la finalité des installations dans le plat pays. Avec un coût bien supérieur du kWh facturé, de 18 centimes, les Belges ont tout intérêt à produire l’électricité nécessaire à leur exploitation. Ce n’est pas le cas en France, où le courant est bon marché. « Le fabricant a d’ailleurs pris en compte les spécificités du marché français, avec des caissons équipés d’armoires électriques en conformité ». Collé au digesteur, le caisson technique renferme les éléments nécessaires à la production d’énergie. Pour la motorisation, Bioelectric a fait le choix de monter en cascade des moteurs d’une puissance de 11 kW : en les multipliant, la capacité de production peut être portée jusqu’à 44 kW.

micro-methanisation-chiffres

Un diagnostic par exploitation

Le programme européen Bio Energie Farm 2 a pour but de faire réfléchir et aboutir des projets de petites méthanisations. Pour appréhender chaque exploitation, la Chambre d’agriculture propose des diagnostics gratuits pour les éleveurs, pour des projets plus petits en phase avec les capacités des élevages laitiers.

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