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Échanges en groupe sur les mammites

Les causes de mammites sont multiples, les traitements divers. Les échanges et informations techniques délivrées en groupe Visiolys ont permis aux producteurs de prendre du recul.

« Avant d’utiliser des médicaments, les mammites peuvent parfois être guéries via les pratiques. Traire le plus souvent possible une vache en mammite clinique (sans surtraite…) peut permettre d’évacuer les germes, grâce à un effet chasse d’eau », a indiqué Pauline Woehrlé, consultante qualité du lait chez Eilyps, lors d’une rencontre en groupe Visiolys, organisée le 27 novembre, à Fougères.

Penser à la douche

Si le quartier est chaud ou dur, la douche plusieurs fois par jour peut aussi être efficace. Elle décongestionne, draine et réduit la douleur. « Cette technique est très utilisée au Canada. Des plâtres d’argile, une ou deux fois par jour, peuvent aussi être intéressants. Et il ne faut pas oublier de réduire de 2/3 l’apport en concentrés énergétiques pendant la mammite clinique. La vache reçoit par contre sa ration de maïs et beaucoup de foin. »

S’agissant des traitements antibiotiques en lactation, la précocité, et donc le dépistage, prime. « Un retard de détection de 24 h fait passer les chances de guérison de 90 à 50 %. Dans le choix du produit, de la voie d’administration, de la durée et la fréquence, l’éleveur pourra se référer à son BSE (Bilan sanitaire d’élevage), aux recommandations du vétérinaire traitant et aux indications du fabricant du médicament. « C’est important : les posologies doivent être respectées…»

Au tarissement, pas de traitement systématique en cas de situation favorable de l’élevage. « Les obturateurs de trayons pourront être utilisés seuls si les 3 derniers contrôles sont inférieurs à 150 000 cellules/ml et qu’il y a absence de mammites sur les 3 derniers mois », précise Pauline Woehrlé.

Tirer les premiers jets reste un bon moyen de détection des mammites cliniques
Tirer les premiers jets reste un bon moyen de détection des mammites cliniques.

Homéopathie, phytothérapie ou aromathérapie : se former

En vogue, les traitements par homéopathie, phytothérapie ou aromathérapie peuvent être efficaces, « mais ils nécessitent une formation, car certaines molécules utilisées sont très puissantes et peuvent avoir des effets secondaires. Par ailleurs, un traitement correspond à un animal et à une clinique. » L’Adage, la Chambre d’agriculture et prochainement Eilyps organisent des formations sur ces méthodes alternatives. « Des produits de qualité et d’origine certifiée doivent être utilisés. Les éleveurs peuvent s’approvisionner en cabinet vétérinaire ou en pharmacie, attention sur internet ! »

Quel produit de trempage ?

Évoquant les produits de trempage, Pauline Woehrlé rappelle qu’ils peuvent contenir trois types de désinfectants. « Les produits à base d’alcool peuvent être suffisants en cas de faible pression des germes. L’iode présente un pouvoir désinfectant supérieur. Et le dioxyde de chlore est encore plus efficace, mais plus onéreux et peut abîmer les trayons. L’acide lactique est plutôt cosmétique, mais déplaît aux bactéries… Il peut être utilisé au printemps dans des élevages sans soucis. »

Lors de la journée, les producteurs ont fait part des améliorations réalisées ou à venir sur leurs élevages : améliorer la litière en enlevant les bouses, en paillant davantage, en surveillant la température, désinfecter les griffes des vaches infectées, avoir un récipient de trempage des lingettes suffisamment grand, prendre en compte les courants parasites, régler la machine à traire, réformer… Autant de solutions qui nourrissent la réflexion des uns et des autres.

Un vaccin existe

« Et la vaccination ? », questionnent plusieurs éleveurs. « Un seul vaccin existe, le Startvac qui n’est efficace que sur certains germes : E. coli, coliformes, staphylocoques dorés et coagulase-négatifs. Il ne sera donc utile que dans les élevages où l’on trouve ces germes. Le coût est de 25 €/VL/an. » En moyenne, une mammite coûte 10 fois plus cher. Agnès Cussonneau

À lire :
“Phytothérapie et aromathérapie chez les ruminants et le cheval”, de Philippe Labre, docteur vétérinaire. Éditeur : Femenvet.

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