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Techniques d’insémination porcine

Les dilueurs surfent sur la vague « sans antibios »

Il n’y a pas encore d’alternative à l’utilisation de dilueurs contenant des antibiotiques pour conserver la semence jusqu’à l’insémination. Ce n’est probablement qu’une question de temps.

Les dilueurs actuels, qui permettent de conserver la semence à 17°C, contiennent des antibiotiques qui inhibent le développement des bactéries responsables de la dégradation de la semence dans le temps. Malgré les mesures d’hygiène draconiennes prises dans les centres d’insémination, au moment des prélèvements et du conditionnement, la semence n’est pas stérile ! L’objectif, à court ou moyen terme, serait  de se passer des antibiotiques pour contribuer à la lutte contre l’antibiorésistance, enjeu majeur de santé humaine. « Depuis plusieurs années, les fournisseurs, CIA et chercheurs s’interrogent  sur les risques potentiels et cherchent des alternatives », confie Sylviane Boulot, de l’fip. Vers quelles solutions s’orientent-ils ? « Certains imaginent livrer de la semence à 4°C pour limiter le développement des bactéries. Mais ce n’est pas aussi simple que de conserver des médicaments au frigo. Il faut modifier les dilueurs pour éviter les chocs thermiques aux spermatozoïdes ».

Malgré les mesures d'hygiène prises dans les CIA, la semence n'est pas stérile
Malgré les mesures d’hygiène prises dans les CIA, la semence n’est pas stérile.

D’autres procédés sont en cours d’évaluation.  « Une technique consiste à filtrer les spermatozoïdes pour les séparer des bactéries et des champignons, par centrifugation de la semence (gradients de densité). Les spermatozoïdes se retrouvent dans une zone et les germes dans une autre. La séparation est alors possible ». On peut aussi imaginer l’incorporation de substances ayant un pouvoir de conservation.

Congélation

Les centres d’insémination, qui recherchent les meilleures techniques de conservation, continuent de travailler sur l’amélioration de l’hygiène en amont pour limiter le nombre de bactéries dans les doses. La congélation des semences est réservée au transfert de génétique (entre pays). La fertilité est moindre qu’avec des doses classiques, mais le but est simplement de transférer des gènes. La technique n’est pas (encore) transposable aux élevages conventionnels. La mise en place est compliquée, avec un protocole de décongélation contraignant. La semence est plus fragile et doit être mise en place au plus près de l’ovulation. Même si cette technique présente l’avantage d’un approvisionnement facile pour l’éleveur (stockage de la semence sur l’élevage), elle restera cantonnée aux besoins de la génétique pendant quelques années encore.

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