Productions Agricoles

Agri’novateurs : Des agriculteurs innovants

Apporter des solutions simples pour améliorer ses conditions de travail, explorer de nouvelles pistes en élevage ou pour ses cultures : tel est l’objectif des agri’novateurs.

Le site de fabrication des remorques Rolland accueillait la semaine dernière des agriculteurs du réseau agri’novateur. Parmi les thèmes présentés, des témoignages de producteurs qui se sont simplifié les tâches.  Jean-Hervé Caugant, vice-président de la Chambre d’agriculture du Finistère, a donné l’impulsion au groupe de travail depuis le printemps 2013. « Il n’y a pas de petites innovations, et les agriculteurs innovateurs sont bien souvent en avance par rapport à la réglementation », constate-t-il. Chaque visiteur pouvait ainsi participer à différents ateliers pour se familiariser avec l’inventeur de solutions.

Jean-Yves Masson est producteur de légumes à Saint-Jean-du-Doigt (29) et conduit également un troupeau laitier. L’exploitation familiale produit des choux-fleurs, des choux pommés et des artichauts. C’est sur cette dernière culture que l’innovateur éclairait le public.

Connaître les auxiliaires

« L’artichaut est une espèce gourmande en main-d’œuvre, entre 300 et 400 heures par hectare. Je suis parti d’un constat simple. En étant fréquemment dans les champs, je suis attentif aux ravageurs, mais j’observe également les auxiliaires. Tout le monde connaît la coccinelle à sa taille adulte, moins au stade larvaire. C’est pourtant dans cette phase que l’insecte est le plus efficace pour lutter contre le puceron. Trop souvent, l’emploi de produits insecticides assure un bon état sanitaire de la culture, sauf que ce qui est actif sur le ravageur l’est aussi sur l’auxiliaire. Quand une parcelle est touchée par un foyer de puceron et que seulement quelques pieds sont attaqués, les auxiliaires vont progressivement coloniser le champ en se nourrissant du ravageur. Ce ne sont pas les quelques têtes d’artichauts touchées par la virose qui vont engendrer de grosses pertes financières, sachant que l’application d’une solution chimique coûtera à l’agriculteur entre 80 et 100 €/ha. » Laisser la nature opérer, une solution intéressante pour baisser les Indices de fréquences de traitement (IFT) déjà bas sur artichauts. « L’objectif de cette journée est de montrer que d’autres raisonnements sont possibles, chacun a besoin de réflexion. Avec un marché tendu, nous devons chercher des chemins alternatifs. »

Sa pierre à l’édifice

Les agri’novateurs se réunissent avec l’association Innov 29. Cette dernière s’intéresse à tous les domaines de l’agriculture et se donne pour mission de repérer, évaluer, tester et surtout diffuser les innovations mises en œuvre par les agriculteurs du Finistère. L’accent porte sur les innovations locales, faciles à mettre en œuvre et qui font appel au bon sens.

Innov’29, Association loi 1901, est constituée pour moitié d’administrateurs de la Fédération des Cuma du Finistère et de la Fédération des Comités de développement du département. Chacun peut apporter son idée pour faire profiter de son innovation au plus grand nombre. Rendez-vous sur le site internet d’ Innov 29 : innov29.fr

Savoir observer

Le légumier rappelle aussi que la méthode ne s’improvise pas. « Il faut être présent dans ses parcelles et avoir une bonne connaissance de la biologie des insectes, en sachant les reconnaître à différents stades. Par contre, ce qui est valable sur artichaut l’est aussi sur les autres cultures. » D’autres axes de recherche se poursuivent en collaboration avec la Chambre d’agriculture, notamment au niveau machinisme, car la culture d’artichaut reste un peu orpheline au niveau innovation comparé aux grandes cultures. « Nous travaillons sur des solutions mécaniques de dédrageonnage plus simples pour l’utilisateur, ou encore des outils rendant moins pénibles le triage de plants. » Rendez-vous au printemps prochain pour découvrir le prototype. Fanch Paranthoën

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