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Le Gaec de Loucouviern mise sur l’herbe séchée en grange

Adeptes du tout herbe, Colette et Fernand Le Floc’h ont investi dans un séchoir, en 2009, à l’installation de leur fils Cédric. Sans regrets, compte tenu des résultats et des conditions de travail.

Quand on demande à Fernand Le Floc’h « quelle est la valeur nutritive du foin ? », il répond : « Avant l’installation du séchoir, les vaches produisaient 15 litres de lait avec une ration composée pour moitié de foin et pour moitié d’ensilage d’herbe. Depuis, elles atteignent 20 litres, avec du foin séché en grange ». 25 % de production en plus en période hivernale, pour la cinquantaine de vaches Prim’holstein de l’élevage, qui produisent 340 000 litres de lait biologique dans l’année (409 000 litres de référence). « De quoi couvrir l’annuité de remboursement du séchoir ».

La ferme en bref

  • 3 UTH
  • 75 hectares de SAU
  • Parcellaire groupé
  • 50 vaches
  • 340 000 litres produits à 33 de TP et 42 de TB
  • Plus de 6 000 litres/VL
  • 61 ha de prairies temporaires
  • 10 ha de prairies naturelles
  • 5 ha de mélange céréalier

Un ¼ d’heure de distribution

L’idée de sécher de l’herbe en grange est partie de la volonté des éleveurs de valoriser au maximum le système herbager, adopté dès 1995 (abandon du maïs), et de sécuriser les récoltes. « Il faut une fenêtre météo de cinq jours pour faire du bon foin par ici ». Le séchoir permettait, en outre, d’améliorer la qualité de la ration et les conditions de travail. « Un quart d’heure de distribution le matin et un autre le soir, à l’abri, sous le hangar », apprécie Cédric. La période de récolte est un peu plus exigeante. « La première coupe, la plus fibreuse et la plus difficile à sécher, est réalisée début mai. Les coupes suivantes sont effectuées à un stade qui correspond à celui d’un pâturage plus une semaine ». Une fenêtre météo de trois jours est nécessaire pour préfaner un foin qui rentre aux alentours de 60 % de matière sèche en grange. L’herbe est fauchée le matin, fanée dans la foulée, puis les jours suivants. L’andaineur soleil en « v », de 6,90 mètres de largeur permet un bon débit de chantier. Le foin est ensuite récolté à l’autochargeuse et conduit au séchoir, attenant à l’étable. Tout le matériel est en propriété.

37 €/1 000 L de coût alimentaire

« Les deux ventilateurs et les trois cellules de séchage (280 m2) permettent de récolter une dizaine d’hectares d’une seule fauche. Il faut une hauteur de 2 mètres d’herbe dans la cellule pour un séchage optimal. Ensuite, on peut remettre du fourrage au-dessus ». L’air insufflé sous les caillebotis des cellules est préchauffé dans un faux plafond aménagé sous la toiture. Le foin (190 tonnes séchées) est distribué dès la fin octobre, en complément du pâturage et constitue, en janvier, la totalité de la ration fourragère. Un complément de céréales, produites sur l’exploitation, récolté en grains, est distribué sur le foin, au cornadis, de novembre à mars (400 kg/ vache/an). Le pâturage, en paddocks, reprend vers la fin février. Le coût de l’installation est de 170 000 €. Le fonctionnement électrique revient à 2 000 €/an. « Cela équivaut à 45 €/1 000 L vendus jusqu’en 2022 ». Le coût alimentaire est évalué à 37 €/1 000 L, dont 20 € de concentrés. Bernard Laurent

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