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La chicorée se distingue en été

Plus connue pour l’alimentation humaine ou la torréfaction, la chicorée peut aussi être utilisée comme fourrage pour les vaches laitières, à pâturer ou apporté en vert. Son atout premier ? La résistance à la sécheresse.

Peu utilisée en France, la chicorée est une ressource fourragère courante dans certains pays tels que la Nouvelle-Zélande, l’Australie, ou encore les États-Unis. Car cette « salade » ne manque pas d’atouts, en particulier celui de résister à la sécheresse, grâce à son pivot racinaire qui va puiser l’eau et les éléments nutritifs dans les horizons profonds du sol. « Et malgré son apparente fragilité, la chicorée est une plante extrêmement résistante à la pression de pâturage, au piétinement », souligne Rémy Delagarde, de l’Inra de Rennes.

Viser une utilisation intensive

Des essais menés par l’Inra au Rheu (35) ont montré l’intérêt de cette plante comme ressource fourragère, mais aussi la nécessité d’une bonne gestion du pâturage. « Elle a été testée en mélange avec d’autres espèces (RGA, trèfle blanc, trèfle violet, fétuque), ce qui n’est pas simple à gérer car la chicorée est une plante très agressive, qui risque d’étouffer les autres espèces. Elle ne présente aucun problème d’implantation. Je conseille une utilisation à 1 kg voire 1,5 kg/ha, pas plus, dans les mélanges », précise Rémy Delagarde.

Il recommande par ailleurs un « pâturage sévère. Les parcelles doivent être bien rasées, notamment lors des cycles reproducteurs de mai à août, pour maîtriser la montée à tiges et éviter d’être débordé. Les vaches doivent revenir dans la parcelle tous les 20 à 30 jours sur cette période. » Lors des essais au Rheu, une fauche de refus par parcelle et par an a été réalisée.

Au stade feuillu, la valorisation se fait à 100 %. Avec ses réserves dans le pivot, la plante repart… La pérennité potentielle de la chicorée peut aller jusqu’à 4 – 5 ans, si la montée à graines est évitée. Une période de semis au printemps pourra être préférée à l’automne pour permettre de bénéficier d’une période de plus de 12 mois sans tiges.Des facteurs d’amertume présents dans la plante peuvent, en entrée de parcelle, freiner la consommation des vaches, qui vont plutôt s’orienter vers le ray-grass ou le trèfle, mais au final, la chicorée est bien consommée.

Une excellente valeur alimentaire

La chicorée présente une très bonne qualité nutritive, supérieure à celle du trèfle (par contre, contrairement à ce dernier, elle ne fixe pas l’azote). Elle est très pauvre en fibres, et très forte en UF. Sa teneur en minéraux est également très élevée (autant de calcium que dans les trèfles, du fer, zinc, magnésium). Très digestible et ingestible (supérieur aux graminées), ce fourrage permet aussi d’améliorer la composition en acides gras du lait, de réduire la production de méthane, et aurait des effets bénéfiques sur la santé (contre les parasites, l’acidose…).

Plus de lait grâce à la chicorée

Côté performances, les essais réalisés sur deux années au Rheu ont montré un gain de production de 1 à 2 kg de lait par VL et par jour, sans variation des taux, sur les parcelles avec chicorée par rapport au ray-grass pur. La production est également un peu plus importante que sur les parcelles en ray-grass / trèfle. Des résultats liés à la meilleure ingestion et la bonne qualité du fourrage. « En rendement/ha par contre, il n’y a pas eu d’amélioration par rapport à du ray-grass/trèfles. Les années d’essais, relativement humides, n’ont sans doute pas permis de constater le potentiel de résistance à la sécheresse de la chicorée. »

D’excellente valeur alimentaire, la chicorée est donc une plante très intéressante, « mais les éleveurs doivent bien maîtriser le pâturage et ne doivent pas avoir peur de faire travailler leurs vaches », résume Rémy Delagarde. À tester… Il faudra par contre oublier l’enrubannage ou le foin sur cette espèce très riche en eau. Agnès Cussonneau

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