Veaux : maintenir la rentabilité en optimisant le travail

elevage-veau-marge - Illustration Veaux : maintenir la rentabilité en optimisant le travail

Les éleveurs de veaux intégrés ont comparé deux hypothèses de travail pour mesurer les marges nettes de l’activité.

Christophe Martineau, responsable de la station expérimentale de veau de boucherie du Rheu (35) pour l’Institut de l’élevage, intervenait lors du Space pour illustrer la rentabilité de deux ateliers. Le 1er cas est basé sur un éleveur intégré conduisant un atelier de 200 places en dur, construit en 2003 et équipé d’un système « seau-caillebotis » en cases collectives de 5 veaux, avec aucun investissement récent. Cet élevage bénéficie de DPU jusqu’en 2015, puis de DPB jusqu’en 2019. Le financement de ce bâtiment de 2003 de 172 000 € HT est réalisé par un prêt à 6,2 % sur 12 ans.

Dans la seconde hypothèse, l’installation d’un producteur, intégré avec un élevage de 400 places dans un bâtiment neuf, équipé d’un système « auge-caillebotis » pour alimenter les veaux regroupés en cases collectives par 8, est analysée. Aucune aide Pac pour cet éleveur. Le bâtiment, chiffré à 507 000 € HT clés en main, est financé à 90 % par un prêt à 3,2 % sur 15 ans.

Dans ces deux cas, 3 hypothèses de prix ont été retenus : 80 €, 120 € et 100 €/veau. Les consommations d’énergie du bâtiment neuf de 2014 sont revues à la baisse du faite de sa performance énergétique. « Très peu d’éleveurs s’installent aujourd’hui, mais les intégrateurs rémunèrent en moyenne 115 à 120 €/veau. 19 000 € de marge nette est ainsi dégagée, ce qui équivaut à 1,5 smic. Au niveau du temps de travail, le bâtiment conçu en 2014 sera optimisé pour passer le moins de temps possible par veau car l’allaitement se fera par automate et la distribution de l’aliment solide sera mécanisée. Nous estimons le nombre de veaux à 400 pour assurer un temps plein dans un bâtiment bien équipé », conclut Christophe Martineau.

Évolution de la marge nette selon le prix de vente Évolution de la marge nette selon le prix de vente.

Le veau en chiffre

La filière du veau de boucherie française n’en finit plus de baisser au niveau des abattages. De plus de 4 millions de têtes au milieu des années 60, les abattoirs ont vu passer ce chiffre à moins de 1,5 million en 2013. « La tendance n’est pas la même en Europe, et des pays comme la Belgique ou les Pays Bas connaissent des courbes haussières. Cette baisse française s’explique aussi par la nouvelle définition d’un veau en 2008, à savoir un animal âgé de 0 à 8 mois au lieu de 0 à 12. Parallèlement, le poids des carcasses n’a cessé d’augmenter passant de 80 kg dans les années 60 à 140 kg aujourd’hui », indique Jean-Marc Chaumet, du département Économie de l’Institut de l’élevage. Fanch Paranthoën


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