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Améliorer la productivité

L’assurance-vie de la Banque de colostrum

Le conseil du véto Loïc Maurin

On pense que les veaux allaitants doivent se débrouiller seuls. Mais quand un problème de mortalité est identifié, il faut trouver des leviers. Une bonne prise de colostrum est indispensable à la survie et au démarrage pour deux raisons : énergie et anticorps. Le veau naît avec une faible réserve en énergie, une mauvaise capacité de régulation de la température corporelle. Après un vêlage difficile, à l’extérieur en saison froide, le veau groggy qui a des problèmes à se lever aura de grosses difficultés à lutter contre le refroidissement s’il n’ingère pas rapidement du colostrum.

On voit ainsi des problèmes de diarrhées précoces, parfois généralisées, sur des veaux naissant aux quatre vents à la mauvaise saison dans des parcelles sans abris naturels. Le premier lait en race allaitante est plus concentré en immunoglobulines qu’en race laitière :  en moyenne un litre suffit à transférer les anticorps nécessaires dans le sang du veau qui le protégera les premières semaines jusqu’à la prise de relai par l’immunité active. Retenons tout de même la course contre la montre du transfert colostral : après 24 h, l’intestin est devenu imperméable aux anticorps.

Sachet de colostrum
Sachet de colostrum.

Mon colostrum, pas celui du voisin

L’idéal est une tétée dans les toutes premières heures de vie. Et même si cela est moins répandu qu’en  élevage laitier, la banque de colostrum s’avère indispensable au cas où. Pour ce faire, il faut avoir une ou deux vaches sympas qu’on peut traire après la première buvée de son nouveau-né. Ce lait sera congelé en sachet de 500 g, entreposé à plat pour faciliter la décongélation au bain-marie. Surtout pas au micro-ondes. Ainsi, avec une ou deux galettes de 500 g données au biberon, le veau faiblard aura avalé assez d’immunoglobulines.

Sur le terrain, la solution de facilité est de courir chez le voisin laitier lui piquer une dose dans sa banque. Très mauvaise idée ! D’une part, les anticorps de ses vaches seront orientés vers le microbisme de son élevage, pas du vôtre. D’autre part, il y a toujours le risque de ramener chez vous une chtouille comme la paratub… Seuls les ateliers mixtes, lait et viande, avec des troupeaux élevés sur le même site, peuvent se permettre d’avoir recours au colostrum des laitières pour venir à la rescousse d’un nouveau-né allaitant.

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