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Améliorer la productivité

Gagner sur la mortalité

Limiter les pertes de veaux est un levier pour gagner du produit.

En Bretagne, la mortalité globale des veaux atteint 7 % au vêlage et 12 % à l’âge de deux mois. « En élevage allaitant, on descend à 4 ou 5 % au vêlage et 8 ou 9 % à deux mois », précise Dr Loïc Maurin, du GDS Bretagne. « Et dans les bassins allaitants traditionnels, les résultats sont encore meilleurs », souligne le vétérinaire, coordinateur du plan régional « santé du veau ». Il avance différentes explications : spécialisation, taille plus importante des troupeaux, équipements et bonnes conditions de logement facilitant l’intervention. « Chez les spécialistes, la surveillance est souvent meilleure avec des saisons de vêlage plus claires, une organisation par lot plus stricte. »

Pouvoir rentrer l’animal

Pour réduire la mortalité du veau, « l’œil de l’éleveur » fait la différence quand la vache arrive à terme. Il ne faut pas rater les phases préparatoires du vêlage : « Plénitude mammaire, tuméfaction de la vulve et relâchement du ligament sacro-sciatique ou « vache cassée ». Quand ces trois signes sont vus, la parturition va intervenir dans les 48 heures. Il est temps de rentrer l’animal dans un box. » Et quid du vêlage à la prairie ? « D’un point de vue sanitaire, cela peut avoir du sens. Mais un lot à vêler ne doit pas être loin de la ferme pour une surveillance efficace, d’autant qu’il faut pouvoir mettre à l’abri l’animal en cas de complication. » À la pâture, l’éleveur et le véto parfois appelé à la rescousse « qui n’ont pas accès à un système de contention confortable, ont de grandes chances de faire un travail moyen en cas de vêlage assisté. »

Une bonne technique de vêlage

Même si les animaux se débrouillent souvent seuls, « la technique pure autour du vêlage est importante pour limiter les pertes. » Début du travail, coliques, rupture de la première poche, ouverture du col, rupture de la poche amniotique… « En fonction de ce que j’observe, je dois réagir de manière réflexe. Si l’évolution se fait dans le bon timing, je laisse faire. S’il n’y a pas de progression, j’interviens, je fouille. » Une demi-heure sans avancée après la rupture de la seconde poche ou si le veau souffre (tête gonflée, langue bleue, méconium libéré…), « j’appele le véto car il risque de ne pas être sur place avant 30 minutes… »

A portée de main, il faut du lubrifiant, une bonne vêleuse « pas pour tirer, mais pour maintenir la tension ». Le test de traction donne de bons renseignements : si le veau permet l’extériorisation des coudes, il a toute les chances de pouvoir naître par la filière naturelle. « Sinon, cela signifie qu’il y a une disproportion foeto-maternelle, le conduit est trop étroit par rapport au veau. Le véto devra sortir la trousse à chirurgie pour la césarienne. »  Toma Dagorn  

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